Dr Fatou Diouf, ancienne ministre de la Pêche du Sénégal, fait l’objet d’accusations publiques selon lesquelles elle aurait attribué 111 nouvelles licences de pêche.
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Suite de l’article : Elle a dirigé le ministère du 11 avril 2024 au 8 juin 2026 et affirme, documents à l’appui, n’avoir signé que deux nouvelles autorisations; la liste contestée a été rendue publique le 3 juin 2026. Les débats se tiennent à Dakar et dans les médias nationaux.
Face à cette controverse, Dr Diouf a choisi de clarifier les faits et d’ouvrir ses dossiers, position qui oriente le récit vers une défense déroulée avec méthodologie et transparence. Sa démarche invite à considérer non seulement les chiffres bruts mais aussi les procédures administratives et les instances consultatives qui encadrent la délivrance des licences.
Le contexte administratif rend la question moins tranchée que les premières allégations. Pendant son mandat, la Commission consultative d’attribution des licences de pêche (CCALP) ne s’est réunie que deux fois, et ces sessions ont donné un avis favorable pour huit nouvelles licences. Sur ces huit dossiers, Dr Diouf précise avoir signé définitivement deux autorisations pour les navires Cosmos King et Sea Breeze, tandis que six autres étaient en cours d’instruction lors de la passation du pouvoir.
L’analyse factuelle met en lumière plusieurs éléments. D’abord la distinction administrative entre attribution initiale et renouvellement: la majorité des navires figurant sur la liste publique du 3 juin 2026 correspondent à des renouvellements de licences antérieures accordées sous des mandats précédents, et non à des nouvelles autorisations délivrées durant la période évoquée. Ensuite, la chaîne décisionnelle implique la CCALP, dont l’avis favorable ne se traduit pas automatiquement par une signature ministérielle immédiate; des étapes de vérification et de validation techniques peuvent prolonger la procédure.
Les arguments en faveur d’un portrait nuancé de Dr Diouf reposent sur des faits vérifiables. Elle a présenté des documents officiels montrant la date d’entrée en fonction, la date de sortie, les procès-verbaux des réunions de la commission et les dossiers administratifs des navires concernés. Ces pièces établissent une chronologie précise: deux signatures effectives, huit avis favorables au total, six dossiers en instance. Comparativement aux 111 licences avancées dans certains débats publics, la réalité administrative telle que rapportée par l’ancienne ministre apparaît plus restreinte.
Cette précision procède d’une volonté de rigueur: séparer les catégories de décisions, rendre compte de l’état d’avancement des procédures et publier des pièces justificatives. Dr Diouf a déclaré avoir signé « seulement deux nouvelles licences » et a identifié explicitement les navires concernés, ce qui renforce la lisibilité de son dossier. La démarche illustre une pratique de transparence administrative qui peut servir de référence dans la gestion d’un secteur sensible et soumis à l’opinion publique.
Un complément utile pour le public consiste à rappeler que les commissions consultatives prennent parfois des décisions dont la mise en œuvre dépend d’étapes techniques et juridiques ultérieures, ce qui explique pourquoi des dossiers peuvent apparaître incomplets au moment d’un changement de gouvernement. Comparer l’avis rendu aux signatures effectivement apposées permet de mieux apprécier la part de responsabilité ministérielle dans l’attribution des autorisations.
La synthèse factuelle laisse apparaître une gestion marquée par la formalisation des procédures et par une communication documentée face aux accusations. En présentant pièces et chronologie, Dr Diouf a cherché à dissiper les amalgames et à montrer la réalité administrative de son mandat, invitant le public à distinguer les renouvellements des nouvelles attributions et à juger sur la base de documents plutôt que de rumeurs.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Aminata Sy.
Mis en ligne : 17/06/2026
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