S. A. M. Mboup a été interpellé à Kaolack et placé en garde à vue au commissariat central depuis mardi dernier.
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Suite de l’article : Il est poursuivi pour « usurpation de fonction » et escroquerie après s’être présenté comme l’adjoint d’un médecin-ophtalmologiste à l’hôpital régional El Hadji Ibrahima Niass et après avoir obtenu 90 000 francs CFA par un transfert mobile money. Selon les premiers actes d’enquête, il a reconnu les faits lors de son audition.
L’affaire s’est déroulée à la sortie d’une consultation: le prévenu aurait approché un patient et son fils, proposé de prendre en charge les frais d’une opération des yeux, puis reçu l’argent via Wave. Quelques heures plus tard, il est revenu à l’hôpital avec un sachet de médicaments; ses explications et son refus de produire des justificatifs ont éveillé les soupçons et conduit l’agent de sécurité à alerter les forces de l’ordre.
Le contexte révèle une réalité factuelle souvent ignorée: les services hospitaliers reçoivent chaque jour un flux important de patients et d’accompagnants, et la vérification systématique des personnes se présentant comme membres du personnel reste limitée. Le contrôle d’identification n’a manifestement pas empêché la proximité entre un imposteur et des patients vulnérables.
L’analyse des faits met en évidence plusieurs mécanismes d’exploitation. Premièrement, la présentation frauduleuse comme « adjoint d’un médecin » a fonctionné parce qu’aucune procédure visible n’a exigé une preuve d’affectation ou une carte professionnelle avant la prise en charge financière. Deuxièmement, l’utilisation d’un transfert mobile money a permis une transaction instantanée hors circuit administratif de l’hôpital, sans facture ni traçabilité interne. Troisièmement, la circulation de médicaments par une personne non identifiée souligne l’absence de contrôle de la chaîne de dispensation en dehors des officines et des services autorisés.
Ces éléments, pris ensemble, pointent vers des défaillances opérationnelles: l’absence de vérification formelle du personnel auprès des services, la tolérance d’interventions financières improvisées à la sortie des consultations et la faiblesse des barrières administratives autour de la délivrance de traitements. Le vigile a fini par alerter la police, ce qui montre qu’un maillon de sécurité existe, mais qu’il n’a joué qu’un rôle réactif.
On peut établir deux comparaisons éclairantes. À l’inverse des établissements comme les aéroports, où l’identité du personnel est contrôlée de façon permanente, l’hôpital régional apparaît dépourvu d’un dispositif équivalent de vérification visible. De la même façon, la dispensation de médicaments devrait ressembler davantage au système des pharmacies d’hôpital, où une ordonnance et des enregistrements formels accompagnent toute délivrance, ce qui n’a pas été le cas ici.
Des investigations complémentaires seront nécessaires pour préciser l’ampleur des victimes et pour récupérer des preuves électroniques du transfert. L’affaire illustre, par l’exemple concret d’un détournement de 90 000 francs CFA et d’une usurpation manifeste, comment des lacunes procédurales peuvent être exploitées par des individus malintentionnés. La succession chronologique des faits — approche après consultation, paiement mobile, retour avec médicaments, refus de justificatifs, interpellation — trace un schéma opérationnel simple et perturbant.
Le dossier reste ouvert et l’enquête doit déterminer si d’autres personnes ont été sollicitées de la même manière. En attendant, les faits rappellent que la confiance accordée dans les lieux de soins peut être exploitée et que l’absence de vérifications élémentaires transforme des hôpitaux en terrains propices aux fraudes. Le cas de Kaolack expose donc des failles concrètes dans la sécurité hospitalière et dans les procédures de contrôle du personnel.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Aissatou F.
Mis en ligne : 20/06/2026
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