Dans un entretien publié par L’Observateur, Madiambal Diagne accuse Ousmane Sonko de manœuvrer pour revenir à la Primature en imposant une nomination du Premier ministre par la majorité parlementaire, qualifiant cela de « putsch institutionnel ».
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Suite de l’article : Je ne peux m’empêcher de voir, dans ces déclarations, moins une analyse politique étayée qu’un procès d’intention déguisé.
Le Sénégal traverse une crise politique ouverte entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, son ex-Premier ministre limogé le 22 mai 2026, puis élu président de l’Assemblée nationale quatre jours plus tard. Avec 130 sièges sur 165, Pastef, le parti de Sonko, domine l’hémicycle. Les tensions, nourries par des divergences sur la gestion de la dette et la justice, ont conduit à l’adoption d’une réforme constitutionnelle controversée, renforçant les pouvoirs du Parlement et du Premier ministre au détriment de ceux du président. Un climat déjà électrique, où chaque geste est scruté à la loupe.
Madiambal Diagne va plus loin que le simple commentaire : il transforme des stratégies politiques classiques en complot. Selon lui, la « précipitation » de Sonko à briguer la présidence de l’Assemblée cachait une « stratégie pour renverser le président Faye ». Pourtant, rien dans les faits ne corrobore cette thèse. Sonko a bel et bien été élu démocratiquement, et son parti dispose d’une majorité écrasante. Diagne interprète des mouvements politiques légitimes comme des manœuvres illégitimes, sans apporter la moindre preuve tangible.
Pire, il utilise des termes comme « putsch institutionnel », une expression lourde de sens, qui sous-entend un coup de force anticonstitutionnel. Or, en démocratie, les majorités parlementaires ont précisément pour rôle de peser sur l’exécutif. Ce qui est en jeu ici, c’est une lutte de pouvoir, pas un coup d’État.
D’abord, l’absence de preuves saute aux yeux. Comme le souligne Sénégal24News, les accusations de Diagne contre Sonko « restent à ce stade non étayées par des preuves publiques vérifiables ». Ses allégations reposent sur des « éléments qu’il affirme détenir », sans confirmation officielle. En journalisme, une accusation non sourcée n’est qu’une rumeur.
Ensuite, le passé de Madiambal Diagne interroge. Ce journaliste, régulièrement au cœur de controverses, a lui-même été inculpé pour « publication de fausses informations » (BBC Afrique). Exilé en France, il fait face à une procédure d’extradition qu’il qualifie de « règlement de comptes politique » (Africa Radio). Ses relations « très clivantes » avec Sonko et ses dénonciations répétées des « dérives dictatoriales du régime » montrent un positionnement plus militant que neutre. Difficile, dans ces conditions, de prendre ses révélations pour argent comptant.
Enfin, le contexte institutionnel contredit ses thèses. Si Sonko cherchait vraiment à destituer Faye, pourquoi attendrait-il ? Pastef pourrait déposer une motion de censure à tout moment. Pourtant, Sonko a même déclaré, après son limogeage, qu’il « accompagnerait » le gouvernement plutôt que de le renverser (AFP, 2 juin 2026). Où est, dès lors, la preuve d’un « putsch » ?
Cette situation rappelle d’autres crises politiques, comme la cohabitation en France entre Chirac et Jospin (1997-2002), où le Premier ministre, issu de l’opposition, a gouverné sans que personne ne crie au coup d’État. Au Sénégal, les mécanismes constitutionnels permettent à une majorité parlementaire de peser sur l’exécutif. Diagne semble confondre démocratie en action et subversion.
Madiambal Diagne franchit une ligne dangereuse : celle qui sépare l’analyse politique des accusations gratuites. Ses révélations sur Sonko relèvent davantage du procès d’intention que du journalisme d’investigation. Sans preuves, ses mots sonnent creux. Dans un pays où la tension politique est déjà à son comble, de telles déclarations ne font qu’attiser les divisions, sans éclairer le débat. La démocratie sénégalaise mérite mieux que des polémiques stériles. Je le dis sans détour : ici, c’est l’accusateur qui devrait être mis en cause, pas l’accusé.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 17/07/2026
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