Le 6 juillet 2026, Abdourahmane Diouf, ministre de l’Énergie et du Pétrole, a effectué sa première visite au Dispatching national de la Senelec à Fass Mbao.
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Suite de l’article : Accompagné du directeur général Pape Toby Gaye, il a découvert l’infrastructure qui pilote en temps réel la production, le transport et les échanges d’électricité sur l’ensemble du territoire national. La visite vise à évaluer l’organisation opérationnelle et les besoins du système électrique.
Les chiffres présentés lors de la visite sont parlants : la production annuelle est passée de 3 438 GWh en 2015 à 7 964 GWh en 2025, la puissance installée est passée de 893 MW à 2 311 MW, les renouvelables représentent 19% du mix, et les producteurs indépendants d’électricité assurent 79% de la capacité installée. Ces données montrent une progression nette de l’offre, mais elles n’épuisent pas la lecture des enjeux opérationnels.
Le Dispatching décrit son rôle comme le « cerveau du réseau électrique national » et précise qu’il assure l’équilibre entre production et consommation, supervise les flux sur le réseau de transport et contrôle les importations, les exportations ainsi que les achats de gaz pour la production. Les responsables ont rappelé que une grande part de l’énergie consommée provient des achats effectués auprès d’opérateurs privés et des importations régionales. Des projets de stockage BESS à Kounoune et à Ndindy sont en préparation et le renforcement du réseau de transport figure parmi les priorités identifiées.
L’analyse factuelle met en lumière plusieurs fragilités structurelles. Premièrement, la forte dépendance aux producteurs indépendants et aux importations place la fourniture d’énergie sous l’influence de contrats commerciaux et de l’évolution des marchés régionaux, ce qui augmente la vulnérabilité opérationnelle. Deuxième comparaison : la production a plus que doublé sur dix ans alors que la part des renouvelables reste limitée à 19%, ce qui traduit un mix encore largement dominé par des sources thermiques et des achats d’énergie. Troisième point, les capacités de stockage restent à venir, ce qui maintient la difficulté à absorber la variabilité des approvisionnements et des injections renouvelables.
Les arguments factuels avancent que ces caractéristiques techniques expliquent pourquoi les augmentations de chiffres globaux ne signifient pas automatiquement une amélioration uniforme du service. Lors de la présentation, aucun projet clairement dédié au renforcement ciblé des réseaux de distribution rurale n’a été exposé, les exemples cités restant centrés sur de grands opérateurs et des infrastructures de production ou de transport. Le Dispatching a signalé la nécessité de sécuriser les lignes à haute tension, signe que la chaîne d’acheminement demande encore des investissements lourds.
Pour illustrer la portée concrète, les acteurs cités pendant la visite incluent Karpowership, West African Energy, Malicounda Power, Sendou et le parc éolien de Taïba Ndiaye, ainsi que plusieurs centrales solaires et les projets BESS évoqués. Comparaison utile : une croissance de la puissance installée associée à une proportion élevée d’IPP ressemble à des modèles où l’offre augmente mais où la résilience locale et la distribution fine restent insuffisantes si le réseau de transport et le stockage ne suivent pas.
Les éléments présentés par la Senelec montrent une trajectoire d’expansion marquée, mais aussi des lignes de faiblesse claires : dépendance aux opérateurs privés et aux importations, capacités de stockage encore en projet, et absence d’engagements publics explicites pour des investissements ciblés en zones rurales. Ces faits posent des questions précises sur la capacité du système à transformer la hausse de production en amélioration durable et partagée de la continuité du service électrique.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Oumou Khairy.
Mis en ligne : 24/07/2025
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