L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) publie l’enquête nationale sur l’emploi (ENES) pour le premier trimestre 2026.
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Suite de l’article : L’étude indique que le taux de chômage au sens élargi a atteint 22,9 % contre 21,7 % un an plus tôt, tandis que le taux d’activité s’établit à 56,5 %. Ces chiffres portent sur l’ensemble du Sénégal et concernent des variations marquées selon l’âge, le sexe et le lieu de résidence.
La progression du chômage coexiste avec une légère hausse de la participation au marché du travail, ce qui transforme un défi quantitatif en un problème d’accès à des emplois stables et de qualité.
Le tableau dressé par l’ENES met en lumière des déséquilibres inquiétants. Le chômage des jeunes atteint 28,4 %, un niveau nettement supérieur à la moyenne nationale, et la proportion de jeunes « NEET » (ni en emploi, ni en éducation, ni en formation) s’élève à 34,1 % chez les 15‑24 ans. Ce phénomène est accentué en zone rurale où près de 47,4 % des jeunes de cette tranche d’âge se trouvent hors des circuits de formation et d’emploi. Le chômage urbain, mesuré à 17,4 %, contraste avec la réalité rurale où près d’un actif sur trois est sans emploi, ce qui illustre de fortes inégalités territoriales.
L’emploi global reste bloqué à un taux de 40,2 %, tandis que la structure de l’emploi évolue lentement. Le salariat représente désormais 43,5 % des emplois contre 41,6 % en 2025, mais le travail indépendant demeure majoritaire et concerne 54,4 % des actifs, avec une surreprésentation féminine. Les adultes restent plus présents sur le marché du travail (69,4 %) que les jeunes (48,6 %), et les hommes affichent un taux d’activité supérieur à celui des femmes. Ces données montrent que l’augmentation de l’emploi salarié n’absorbe pas la masse de jeunes entrants ni ne réduit l’ampleur du travail informel.
Plusieurs facteurs explicatifs émergent des chiffres. La croissance d’emplois formels reste insuffisante face à l’arrivée régulière de nouveaux actifs, les offres de formation professionnelle ne couvrent pas l’ensemble des besoins et la transition entre études et emploi demeure problématique pour une part importante des jeunes. La forte présence du travail indépendant traduit une adaptation des ménages face à l’absence de postes formels, mais aussi une fragilité des revenus et une faible protection sociale.
L’angle choisi met en évidence le risque social contenu dans ces données. Un taux élevé de chômage des jeunes et une part importante de NEET créent un terreau pour la frustration, pour l’accentuation des vulnérabilités économiques et pour la montée de tensions sociales si les perspectives d’insertion restent limitées. La combinaison d’une population jeune et d’un marché du travail incapable d’offrir des débouchés suffisants constitue un signal d’échec quant à la conversion de la démographie en opportunité économique.
Des éléments chiffrés complètent ce constat: 34,1 % de NEET chez les 15‑24 ans, 47,4 % en milieu rural, 41,8 % chez les jeunes femmes, et la stabilité d’un taux d’emploi global autour de 40 %. Ces repères factuels indiquent l’ampleur des leviers manquants pour apaiser la tension sociale potentielle liée à l’emploi.
La photographie du premier trimestre 2026 dessine un paysage où la démographie favorable n’est pas exploitée comme moteur d’emploi durable. Les chiffres traduisent un creusement des fragilités plutôt qu’une transformation en dividende économique, et ils soulignent l’urgence d’actions ciblées pour éviter que la frustration sociale ne trouve des voies d’expression conflictuelles.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Fallou D.
Mis en ligne : 24/07/2025
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