Je ne peux m’empêcher de m’indigner face à la récente saisine du Conseil constitutionnel par le parti Pastef.
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Suite de l’article : L’article décrit cette manœuvre comme une « contre-attaque juridique foudroyante », mais je la vois plutôt comme une tentative cynique de contourner le débat démocratique. En transférant le conflit politique vers les « sept sages », Pastef ne cherche pas la clarté juridique, mais bien à imposer son agenda sans compromis.
Le Conseil constitutionnel, au Sénégal comme ailleurs, a pour mission de veiller à la conformité des lois avec la Constitution. Pourtant, son rôle n’est pas de trancher des querelles partisanes. Or, en saisissant cette institution, Pastef instrumentalise le droit pour légitimer des réformes controversées, comme la modification du code électoral ou la révision constitutionnelle, déjà critiquées pour leur opacité et leur précipitation. Les tensions entre l’exécutif et l’opposition ne datent pas d’hier, mais les utiliser comme prétexte pour forcer un arbitrage juridique me semble dangereux. Le droit ne doit pas servir de paratonnerre aux blocages politiques.
L’article souligne que Pastef espère obtenir un « feu vert définitif » pour ses réformes. Mais à quel prix ? En réduisant le Conseil constitutionnel à un simple caoutchouc institutionnel, on risque de saper la confiance dans nos institutions. Je crains que cette démarche ne crée un précédent funeste : demain, chaque parti pourrait saisir le Conseil pour faire valider ses projets, transformant une juridiction en courroie de transmission du pouvoir.
Pire, cette stratégie occulte les vraies questions. Les réformes proposées, comme celle du code électoral, sont accusées d’être « taillées sur mesure » pour servir les intérêts du parti. Comment croire en la neutralité d’un processus où le pouvoir utilise le droit comme une arme ?
Premièrement, la judicialisation de la politique affaiblit la démocratie. En France, on a vu comment les recours au Conseil constitutionnel ont parfois servi à bloquer des lois impopulaires, mais au Sénégal, c’est l’inverse : le pouvoir l’utilise pour accélérer des changements contestés. Deuxièmement, le Conseil n’est pas infaillible. Comme le révèle une récente décision, il se déclare parfois incompétent pour éviter de trancher des controverses politiques. Enfin, l’équilibre des pouvoirs est en jeu : si le Conseil valide tout ce que propose l’exécutif, où sera la limite ?
Regardez la Hongrie ou la Pologne, où le pouvoir a instrumentalisé les cours constitutionnelles pour museler l’opposition. Au Sénégal, la situation n’en est pas là, mais la pente est glissante. Même en France, où le Conseil constitutionnel est respecté, son usage excessif par les gouvernements a souvent été critiqué.
Je le dis sans détour : la saisine du Conseil constitutionnel par Pastef est une fuite en avant. Au lieu de chercher un consensus, le parti préfère un coup de poker juridique. Le droit doit rester un garde-fou, pas un outil de domination. Si cette stratégie aboutit, ce ne sera pas une victoire pour la démocratie, mais une défaite pour le dialogue. Et ça, je ne peux pas l’accepter.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 22/07/2026
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