L’information est tombée comme un coup de massue pour ceux qui espéraient enfin un dénouement : le dossier opposant Mame Mbaye Niang à Ousmane Sonko, déjà maintes fois reporté, l’a été encore une fois. Le 22 juillet 2026, le tribunal de grande instance de Dakar a renvoyé l’audience au 26 août, sur demande des conseils du président de l’Assemblée nationale.
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Suite de l’article : Motif ? Répondre aux conclusions de la partie adverse. Je ne peux m’empêcher de m’indigner : à quand la fin de cette mascarade judiciaire ?
Mame Mbaye Niang accuse Ousmane Sonko d’avoir transféré frauduleusement la propriété de sa maison à la cité Keur Gorgui à des membres de sa famille pour échapper au paiement d’une dette de 200 millions de francs CFA. Une manœuvre qui, si elle est avérée, relève de la spoliation pure et simple. Pourtant, depuis des mois, cette affaire traîne comme un boulet au pied de la justice sénégalaise. Chaque report est une victoire pour ceux qui comptent sur l’usure du temps pour étouffer l’affaire. Et pendant ce temps, la victime attend. La justice aussi, semble-t-il.
Il ne s’agit pas ici d’un cas isolé. Le Sénégal est inondé de contentieux fonciers, où les transferts frauduleux de propriétés pullulent. La Cour suprême elle-même a sonné l’alarme en juin 2026 : face à la superposition des régimes juridiques et à l’explosion des acquisitions frauduleuses, le Premier président, Mouhamadou Mansour Mbaye, a appelé à une harmonisation urgente de la jurisprudence. Un aveu d’impuissance ? Je le crains. Quand même la plus haute juridiction du pays reconnaît que le système est à bout de souffle, c’est que la situation est grave.
Et que dire des affaires récentes qui défraient la chronique ? À Thiès, la Direction générale des ressources et du cadastre (DGRCH) a dû alerter sur la circulation de faux documents d’acquisition pour la Nouvelle Ville. À Dakar, une agente des Domaines a été interpellée pour une escroquerie foncière de 80 millions de francs CFA, après avoir promis des remboursements… jamais honorés. Le schéma est toujours le même : des individus sans scrupules profitent des failles du système pour s’enrichir, tandis que les victimes se battent des années pour obtenir gain de cause.
En France, la taxe foncière fait régulièrement débat, mais au moins, les propriétaires savent à quoi s’en tenir. Au Sénégal, l’insécurité juridique est reine. Les procédures s’étirent, les décisions se font attendre, et les fraudeurs, eux, dorment sur leurs deux oreilles. Où est l’équité ? Où est la dissuasion ?
Je le dis sans détour : ce renvoi au 26 août est une nouvelle preuve que notre système judiciaire peine à protéger les citoyens. Les reports à répétition ne sont pas anodins. Ils envoient un message : la justice peut attendre, les puissants aussi. Pendant ce temps, Mame Mbaye Niang voit son droit à la propriété bafoué, et Ousmane Sonko, malgré les soupçons qui pèsent sur lui, continue de vaquer à ses occupations politiques comme si de rien n’était.
Il est temps que les magistrats sénégalais passent des paroles aux actes. Harmoniser la jurisprudence, c’est bien. Mais encore faut-il que les affaires soient jugées dans des délais raisonnables. Sinon, à quoi bon ? La crédibilité de la justice est en jeu. Et avec elle, la confiance des Sénégalais dans leurs institutions.
Je ne peux que m’insurger contre cette lenteur qui frise le mépris. L’affaire Keur Gorgui n’est pas qu’un contentieux immobilier : c’est un symbole. Celui d’une justice qui, trop souvent, semble tolerante avec les puissants et indifférente aux faibles. Le 26 août approchera, puis passera. Et si rien ne change, ce ne sera qu’un report de plus dans une longue série. Jusqu’à quand ?
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 05/08/2026
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