À Dakar, au Sénégal, les syndicats ont maintenu leur mot d’ordre de grève générale, après une ultime réunion de conciliation conduite par Mamadou Lamine Dianté, ministre de la Fonction publique.
Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
Le conflit porte sur des réformes du Code du travail et du Code de la sécurité sociale, ainsi que sur des suppressions d’emplois et des cas de licenciements signalés dans plusieurs administrations et entreprises publiques.
Après avoir exposé les démarches menées par son département et les points examinés avec les partenaires sociaux, le ministre a indiqué que le gouvernement avait étudié les 28 points inscrits dans le préavis et apporté des réponses précises à chacun d’eux. Les pourparlers n’ont pas permis de rapprocher les positions et la grève a été maintenue, laissant planer un risque sérieux de paralysie économique.
La réunion de conciliation a rapidement mis en lumière un décalage entre la communication gouvernementale et les inquiétudes syndicales. Le ministère a présenté des documents et des projections d’articles pour comparer l’ancien et le nouveau Code du travail, tandis que les syndicats ont élargi leurs revendications au fil des échanges.
L’un des principaux éléments factuels du désaccord concerne les contrats à durée déterminée. Le ministre a projeté à l’écran les deux versions de l’article et a soutenu que l’ancien Code fixait déjà le CDD à deux ans renouvelable une fois, soit quatre ans au total, et que le nouveau texte précisait simplement une durée maximale de quatre ans. Ce rapprochement entre les deux textes a été avancé par l’Exécutif comme preuve d’absence de recul pour les droits des travailleurs.
La contestation porte aussi sur la réforme du régime de sécurité sociale. Les syndicats reprochent la suppression du collège des représentants au sein de l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal, alors que le ministre a rappelé que cet organe ne serait pas inscrit dans le socle juridique de l’Ipres. Cette divergence juridique alimente la défiance et complexifie la recherche d’une solution technique.
Les chiffres avancés par le gouvernement et par les partenaires sociaux divergent fortement. Le ministre a évoqué un total de 351 licenciements « réels », dont 224 au Port autonome de Dakar, et il a indiqué que la Direction générale du travail et de la sécurité sociale procéderait à une vérification dossier par dossier. Le cas du ministère des Mines, avec 44 licenciements dont la réintégration est réclamée, a été promis pour arbitrage devant le Premier ministre. Pendant la réunion, des représentants syndicaux ont fourni des chiffrages très supérieurs, puis corrigés en table ronde pour certains dossiers comme celui du Fonds d’entretien routier autonome, où des contrats arrivés à terme ont d’abord été présentés comme des licenciements.
Ces éléments factuels mettent en évidence plusieurs mécanismes de blocage : une communication technique portée par le ministère face à une perception syndicale d’incompréhension des textes, des statistiques divergentes nécessitant vérification et une absence de calendrier clair pour des arbitrages décisifs. Le gouvernement a mentionné la projection d’articles et la programmation de réunions sectorielles, mais n’a pas obtenu l’adhésion des interlocuteurs sociaux au terme de la séance.
Comparée à la procédure parlementaire annoncée pour le nouveau Code du travail, la méthode de dialogue adoptée lors de la conciliation semble souffrir d’un manque de clarifications publiques et d’un suivi opérationnel des dossiers litigieux. Comparée encore à la pratique d’une vérification centralisée des licenciements par la Direction générale du travail et de la sécurité sociale, la multiplication des chiffres communiqués en séance illustre la difficulté à établir une représentation partagée de la réalité.
La grève expose l’économie à des perturbations et laisse plusieurs dossiers clés sans résolution immédiate, du Port autonome de Dakar au ministère des Mines. Les vérifications annoncées et la saisine du Premier ministre pour certains cas devront produire des décisions rapides si l’on veut désamorcer le conflit social et limiter les conséquences concrètes sur les services publics et les entreprises.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Astou Mbaye.
Mis en ligne : 27/07/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.




