Le 13 juillet 2026 à Dakar, le Programme national de lutte contre le tabac (PNLT) et l’Association nationale des imams et oulémas du Sénégal (ANIOS) ont présenté les résultats de l’enquête Global Adult Tobacco Survey (GATS 2023).
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Suite de l’article : Le coordonnateur du PNLT, le Dr Oumar Ba, a rendu publics des chiffres sur l’initiation précoce au tabac, la diffusion des cigarettes électroniques et la pratique de la chicha. Ces données montrent des commencements dès l’âge de 7 ans et une forte présence de nouveaux produits sur le marché.
Les chiffres sont simples et brutaux: 58 % des fumeurs ont débuté avant 20 ans, certains enfants s’initient dès 7 ans, et la chicha ainsi que les cigarettes électroniques gagnent du terrain chez les jeunes. Le Dr Ba a signalé que des e-cigarettes importées portent la mention Export Only et que des dérivés de cannabis ont été détectés dans certains dispositifs. Le professeur Abdoul Aziz Kassé a alerté sur l’ampleur du phénomène en évoquant des enfants de 7 ans et demi déjà utilisateurs.
Le ministère de la Santé a engagé une révision du cadre juridique et un projet de loi a passé le comité technique; le texte se trouve actuellement sur le bureau du secrétaire général du gouvernement avant examen en Conseil des ministres, transmission à l’Assemblée nationale et promulgation présidentielle.
La lenteur administrative devient un élément concret du problème. Pendant que le texte attend les étapes formelles, des produits à forte teneur en nicotine circulent librement et des lieux publics restent exposés au tabagisme passif malgré l’interdiction prévue par la loi existante. Une séance de chicha équivaut à environ 40 cigarettes, chiffre avancé par le PNLT, et cette réalité biologique ne change pas parce que les procédures législatives s’étirent.
Les mécanismes qui expliquent ce retard figurent dans le calendrier institutionnel: une série d’étapes formelles doit être franchie avant l’entrée en vigueur d’une loi. Le fait que le projet soit bloqué sur un bureau signifie que les protections additionnelles contre les nouveaux produits ne bénéficient pas aux écoles, aux familles et aux espaces publics à risque. Les spécifications signalées par le PNLT — appellations trompeuses, importations en provenance de pays où la commercialisation est interdite, présence de dérivés de cannabis — constituent des preuves matérielles d’un marché non contrôlé.
Les conséquences sanitaires déjà mesurables renforcent la gravité du constat. L’initiation précoce augmente la probabilité de dépendance sur une durée plus longue et accroît l’exposition au tabagisme passif pour des cohortes entières d’enfants. L’argument que la chicha serait moins nocive est contredit par l’équivalence en cigarettes avancée par les autorités sanitaires. Le contraste entre la sévérité des données et la lenteur de la réponse législative crée une dissonance difficile à justifier sur le plan de la santé publique.
La mobilisation des imams et des oulémas offre un relais social important, mais ce soutien ne suffit pas à compenser une absence d’encadrement légal effectif. Les acteurs religieux peuvent sensibiliser, mais ils ne peuvent pas contrôler les chaînes d’importation ni modifier des mentions commerciales apposées sur des produits dangereux. La loi, quand elle sera adoptée et appliquée, devra traiter les produits eux-mêmes, les circuits d’approvisionnement et l’interdiction effective dans les lieux publics.
Au terme de ces constats, les faits restent les mêmes: des enfants exposés, des produits puissants en circulation, un projet de loi bloqué sur un bureau. Le registre administratif ne protège pas les poumons des plus jeunes et les chiffres présentés par le PNLT et par le corps médical dressent le tableau d’une urgence sanitaire qui se prolonge pendant que les délais institutionnels s’allongent. Les familles et les communautés assument déjà les coûts sanitaires d’une inertie visible et mesurable.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Aminata D.
Mis en ligne : 29/07/2026
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