À quelques jours du Grand Magal de Touba prévu le 2 août, la ministre des Pêches et de l’Économie maritime Amy Mara Diop s’est rendue au marché aux poissons de Touba pour vérifier l’approvisionnement et rencontrer les autorités religieuses.
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Suite de l’article : Sa prise de parole en français devant la presse a été qualifiée de « chaotique » par plusieurs observateurs et la séquence a circulé massivement sur les réseaux sociaux. La visite visait l’organisation du marché pendant l’événement religieux.
Selon son curriculum vitae, Amy Mara Diop dispose de trois Master 2 et elle est doctorante en gestion de projet ; elle a exercé dans des fonctions financières et de contrôle au sein de l’administration et a été nommée ministre début juin en remplacement de Fatou Diouf.
L’écart entre le profil académique et professionnel de la ministre et la réception publique de son intervention alimente l’analyse des failles communicationnelles. Les éléments factuels sont simples : intervention médiatisée, diffusion virale, qualificatif public de « chaotique », réactions publiques variant de la critique à la moquerie. À partir de ces constats, il est possible d’identifier des manques observables dans la préparation et l’accompagnement médiatique de la prise de parole ministérielle. La présence d’un attaché de presse ou d’un conseiller en communication, l’examen préalable du discours et la répétition des points clés sont des pratiques documentées dans les administrations publiques ; or la séquence montre peu de signes de ce type de préparation.
Le contraste s’accentue quand on examine le parcours de la ministre : Master 2 en finances et marchés des capitaux à l’IFACE/UCAD, Master 2 en audit et contrôle de gestion à la FASEG/UCAD, Master 2 en management et régulation des marchés publics, expérience comme cheffe du Bureau stratégie d’intervention sur les marchés à la Direction de la dette publique, contrôleur des marchés publics pendant quatre ans au ministère des Finances et du Budget, responsable administratif et financier de projets d’appui au secteur privé, plus un passage à l’Agence pour la création d’entreprises. Ces références renforcent l’étonnement suscité par une intervention médiatique perçue comme maladroite.
Les faits rassemblés permettent d’argumenter que l’État n’a pas montré une stratégie de communication ministérielle professionnelle lors de cet épisode. La diffusion non maîtrisée d’un extrait sensible a exposé l’exécutif à une onde de moqueries sur les plateformes publiques et privées. La viralité d’une séquence réduit le contrôle sur le message officiel et multiplie les interprétations, ce que montrent les réactions abondantes sur les réseaux sociaux. En comparaison avec des interventions ministérielles préparées où le discours est structuré et relayé par des services de presse, la situation observée ici révèle des procédures périphériques voire absentes.
Pour approfondir le constat, on peut rappeler que la gestion de l’image publique des ministres s’appuie fréquemment sur des formations à la prise de parole et sur des équipes de communication dédiées. Le cabinet de la ministre ainsi que les services centraux disposent de moyens humains et techniques capables d’anticiper les risques liés aux interventions publiques ; la séquence de Touba indique que ces moyens n’ont pas produit l’effet attendu lors de cette sortie précise. La juxtaposition d’un solide parcours technique et d’une présentation publique mal reçue constitue un cas d’école pour l’étude des processus internes de préparation des ministres.
La séquence de Touba livre un enseignement tangiblement factuel : une intervention ministérielle insuffisamment préparée peut déclencher une réaction nationale disproportionnée et fragiliser la crédibilité du gouvernement. Le contraste entre l’expertise administrative attestée sur le papier et la faiblesse de la gestion du message sur le terrain pose une question simple et vérifiable sur la capacité de l’appareil d’État à encadrer la communication de ses responsables. La scène restera comme un rappel concret que la maîtrise du verbe est aussi une composante de l’autorité publique.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Médoune D.
Mis en ligne : 31/07/2026
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