La fermeté d’Aminata Touré : Un rempart contre les dérives politiques - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Eva | Publié le 17/08/2026 12:08:30

La fermeté d’Aminata Touré : Un rempart contre les dérives politiques

Je ne peux que saluer la clarté et la détermination d’Aminata Touré. Dans un contexte où certains cadres de la mouvance présidentielle osent évoquer un retour au mandat de sept ans, la coordonnatrice de la coalition Kiiraay a su rappeler une vérité simple et intangible : « Nul ne peut faire plus de deux mandats consécutifs de cinq ans. »

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Suite de l’article : Cette prise de position, aussi nette qu’incontestable, mérite d’être saluée. Car elle rappelle une évidence trop souvent oubliée : la Constitution n’est pas un terrain de négociation, mais le socle immuable de notre démocratie.

Le Sénégal a connu une longue histoire de révisions constitutionnelles, souvent motivées par des intérêts politiques plutôt que par l’intérêt général. En 2001, sous la présidence d’Abdoulaye Wade, une révision constitutionnelle avait même failli instaurer un septennat, avant que le bon sens ne prévale. Puis, en 2016, un référendum historique a acté le passage définitif au quinquennat, avec une limitation stricte à deux mandats consécutifs. Cette réforme, adoptée à une écrasante majorité, a marqué un tournant dans la vie politique sénégalaise : elle a consigné dans le marbre l’idée que le pouvoir n’est pas une propriété privée, mais un service public temporaire.

Pourtant, aujourd’hui, certains semblent vouloir rouvrir ce débat. Des voix au sein même de la coalition au pouvoir évoquent un retour en arrière, comme si les leçons du passé n’avaient pas été retenues. C’est dans ce contexte qu’Aminata Touré intervient, avec la fermeté que l’on connaît à cette ancienne Première ministre et Garde des Sceaux. Son message est sans ambiguïté : les règles démocratiques ne sont pas négociables.

La déclaration d’Aminata Touré n’est pas seulement une réponse à une polémique passagère. Elle s’inscrit dans une démarche de responsabilité politique. En rappelant que les dispositions constitutionnelles sont « intangibles » et « ne font l’objet d’aucun débat », elle coupe court à toute velléité de manipulation. Car, soyons clairs : un retour au septennat serait une régression.

Les arguments en faveur d’un mandat plus long sont souvent les mêmes : stabilité, continuité, efficacité. Pourtant, l’histoire nous montre que les mandats prolongés favorisent bien plus souvent l’autoritarisme que la stabilité. En Afrique, des pays comme le Cameroun ou le Gabon ont connu des dérives autoritaires précises lorsque leurs dirigeants ont allongé leur mandat. À l’inverse, des nations comme le Bénin ou le Cap-Vert ont prouvé qu’un mandat limité à deux termes de cinq ans permet une alternance pacifique et un renouvellement des idées.

Au Sénégal, le quinquennat a permis une dynamique politique plus fluide, avec des élections plus fréquentes et une meilleure redevabilité des dirigeants. Pourquoi revenir en arrière ?

Premièrement, la légitimité démocratique. Le référendum de 2016 a acté le choix du peuple sénégalais. 94 % des suffrages exprimés avaient alors validé cette réforme. Ignorer ce verdict populaire serait une trahison de la volonté générale.

Deuxièmement, l’équilibre des pouvoirs. Un mandat long affaiblit les contre-pouvoirs et favorise la concentration des moyens entre les mains d’un seul homme ou d’un seul parti. Le quinquennat, lui, oblige les dirigeants à rendre des comptes plus régulièrement.

Troisièmement, l’exemple international. La France, souvent citée comme modèle, a abandonné le septennat en 2002 pour adopter le quinquennat, précisément pour éviter les dérives d’un pouvoir trop long. Si un pays aussi ancré dans la tradition démocratique que la France a fait ce choix, pourquoi le Sénégal voudrait-il faire machine arrière ?

Enfin, la crédibilité du Sénégal. Notre pays est souvent présenté comme un modèle de démocratie en Afrique de l’Ouest. Un retour au septennat enverrait un signal désastreux : celui d’un pays qui recule sur la voie de la modernité politique.

Je me réjouis donc de la fermeté d’Aminata Touré. Son refus catégorique de rouvrir le débat sur la durée du mandat présidentiel est un signe de maturité politique. Elle rappelle que les règles du jeu démocratique ne sont pas des variables d’ajustement, mais des principes intangibles.

À ceux qui, au sein de la coalition Kiiraay ou ailleurs, tenteraient de relancer cette polémique, je dis : regardez l’histoire, écoutez le peuple, et respectez la Constitution. Le Sénégal a fait le choix de la modernité en 2016. Il doit aujourd’hui en assumer les conséquences, avec fierté et détermination.
La démocratie n’est pas un jeu. Elle est le fondement même de notre vivre-ensemble. Et c’est précisément pour cela que la position d’Aminata Touré mérite notre soutien sans réserve.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 17/08/202
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