Guterres quitte l’ONU : Les réformes promises restent en suspens - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - International | Par Maimouna | Publié le 28/09/2026 05:09:00

Guterres quitte l’ONU : Les réformes promises restent en suspens

Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies dont le mandat s’achève à la fin de l’année, a prononcé mardi 22 septembre à New York son dernier discours d’ouverture de l’Assemblée générale.

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Suite de l’article : Il a appelé à une réforme du Conseil de sécurité pour attribuer à l’Afrique un siège permanent et a plaidé pour une refonte de l’architecture financière internationale accompagnée d’un allègement de dettes.

Le discours a mis l’accent sur la justice internationale et sur la nécessité de transformations institutionnelles, tandis que le secrétariat n’a pas détaillé un bilan opérationnel chiffré de son mandat. La forme de l’adieu a pris le pas sur l’examen des limites persistantes des mécanismes onusiens.

Depuis la création de l’ONU, le Conseil de sécurité reste centré sur cinq membres permanents issus de l’après-guerre, alors que l’Afrique compte aujourd’hui 54 États membres et n’a aucun siège permanent. À la tribune, le secrétaire général a déclaré : « Le monde a fondamentalement changé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais ce changement est loin d’être reflété au Conseil de sécurité. » Il a ajouté que « Un Conseil de sécurité du XXIe siècle sans représentation permanente de l’Afrique est injuste et indéfendable. »

Les faits révèlent une tension entre la rhétorique et les capacités effectives de l’ONU. Le droit de veto, détenu par les cinq membres permanents, a bloqué des résolutions dans des crises majeures, réduisant la capacité d’action collective face à des conflits prolongés. Des missions de maintien de la paix ont empêché quelques escalades mais ont aussi été critiquées pour des échecs dramatiques par le passé, comme ceux documentés au Rwanda et dans les Balkans, ainsi que pour des scandales d’abus au sein du personnel déployé sur le terrain. Ces épisodes sont des éléments vérifiables du bilan opérationnel de l’organisation.

Sur le plan financier, les appels à une réforme de l’architecture internationale s’inscrivent dans un contexte où les initiatives multilatérales existantes ont produit des résultats contrastés. Des mécanismes tels que l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés et des programmes temporaires de suspension de service de la dette ont allégé certaines dettes, mais nombre d’États demeurent fragiles face à des niveaux d’endettement élevés et à des contraintes budgétaires. La proposition d’allègement portée par le secrétaire général cherche à rallier soutien politique, sans pour autant présenter un calendrier ou des mécanismes nouveaux et opérationnels.

La sortie de Guterres valorise les principes d’équité et d’inclusion, tout en évitant un bilan approfondi des choix stratégiques de son mandat qui ont contribué aux blocages institutionnels. Sur le plan comparatif, la composition du Conseil de sécurité reste calquée sur l’ordre mondial d’après-guerre alors que les défis actuels exigent des réponses rapides et coordonnés. De même, les déclarations publiques répétées sur la réforme financière se confrontent à la réalité d’un système multilatéral lent à produire des instruments contraignants et efficaces.

Des chiffres simples illustrent le déséquilibre réclamé : cinq sièges permanents et zéro siège permanent pour 54 pays africains au sein d’une organisation qui rassemble 193 États membres. Les limitations structurelles et les précédents opérationnels pèsent sur la crédibilité des appels à changement s’ils ne sont pas accompagnés d’engagements précis et mesurables.

La tonalité de l’allocution a offert une sortie solennelle et une défense rhétorique de la nécessité de réformes, mais les éléments publics disponibles montrent que les lacunes institutionnelles et opérationnelles persistent. L’impact réel de ces appels dépendra des suites diplomatiques et des compromis que voudront conclure les États membres pour transformer des mots en réformes tangibles.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : David P.
Mis en ligne : 28/09/2026

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