Souveraineté pharmaceutique : Le Sénégal encore dangereusement dépendant - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Santé | Par Maimouna | Publié le 04/10/2026 07:10:00

Souveraineté pharmaceutique : Le Sénégal encore dangereusement dépendant

Le 2 octobre, à l’Assemblée nationale, Serigne Guèye Diop, ministre de l’Industrie et du Commerce, a déclaré que le Sénégal «est loin» de la souveraineté industrielle en pharmacie, en indiquant que 95 % des médicaments consommés sont importés et que seulement 5 % sont produits localement.

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Suite de l’article : La Mission parlementaire sur l’affaire Softcare a, pour sa part, relevé la présence de matières premières périmées sur le site de Sindia (Mbour) et des défaillances dans la gestion des stocks.

L’Assemblée nationale a toutefois précisé qu’elle ne dispose pas de preuves scientifiques établissant l’incorporation de ces matières périmées dans les couches pour bébés et les serviettes hygiéniques fabriquées sur place.

La faiblesse de la production pharmaceutique nationale et les problèmes révélés sur un site industriel posent plusieurs risques concrets pour la sécurité sanitaire régionale. Avec 95 % des médicaments importés, le Sénégal dépend étroitement de chaînes logistiques internationales, de fournisseurs étrangers et des capacités portuaires et douanières. Tout incident majeur sur une plateforme d’approvisionnement, une perturbation logistique ou une crise politique régionale pourrait interrompre l’arrivée de principes actifs et de produits finis, réduisant l’accès aux traitements essentiels pour la population sénégalaise et pour les pays voisins qui importent via Dakar.

L’affaire Softcare illustre des vulnérabilités opérationnelles susceptibles d’aggraver cette dépendance: matières premières périmées retrouvées sur site, lacunes dans la gestion des stocks et dysfonctionnements institutionnels relevés par la mission parlementaire. Ces défaillances réduisent la résilience du système industriel national et compliquent le contrôle qualité, ce qui fragilise la confiance des acheteurs publics et privés. Le ministre a demandé aux députés d’accompagner les investisseurs pour augmenter la production nationale, formule qui met l’accent sur la nécessité d’un cadre attractif pour l’industrie pharmaceutique locale.

L’argument principal qui découle des faits est simple et sévère: si une part écrasante des médicaments provient de l’étranger, un incident local lié à la production ou à la distribution peut avoir un effet domino au-delà des frontières. Deux comparaisons factuelles clarifient le propos: 95 % d’importations face à 5 % de production nationale montre l’asymétrie structurelle du secteur; une rupture d’approvisionnement locale due à une fermeture d’usine ou à un contrôle sanitaire rigoureux entraînerait des conséquences semblables à celles d’une crise transfrontalière sur la disponibilité des médicaments.

Des éléments concrets renforcent cette analyse. Le site industriel de Sindia est situé dans une zone côtière utilisée pour l’acheminement des marchandises vers la sous-région, ce qui fait peser un risque logistique élargi en cas de perturbation. Les lacunes de gestion des stocks relevées par la Mission parlementaire traduisent une fragilité administrative susceptible d’entraver la capacité à relancer rapidement la production en cas de besoin. Le ministre a indiqué vouloir encourager les investisseurs; cela signifie que les autorités reconnaissent l’existence d’un déficit industriel, mais aussi que des mesures structurelles restent à définir et à mettre en œuvre.

Les conséquences pour les pays voisins sont explicites dans l’enchaînement factuel: un Sénégal importateur massif de produits pharmaceutiques joue un rôle de plaque tournante régionale pour certains circuits d’approvisionnement; sa vulnérabilité se répercute donc au-delà de ses frontières. Renforcer la production locale et fiabiliser les sites industriels et les contrôles qualité sont des réponses citées par les autorités, mais les faits exposés par la Mission parlementaire montrent que l’effort requis est encore considérable.

Le constat reste que la dépendance actuelle et les anomalies industrielles révélées constituent une alerte sanitaire régionale fondée sur des données vérifiables; la capacité du Sénégal à sécuriser son approvisionnement pharmaceutique et à protéger les circuits d’exportation ou de distribution vers les voisins dépendra des réformes industrielles, des contrôles qualité renforcés et d’investissements publics et privés substantielles.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Khadim Nd.
Mis en ligne : 04/10/2026

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