Il y a des trafics qui choquent parce qu’ils touchent l’argent. Et puis il y a ceux qui devraient nous révolter encore davantage parce qu’ils touchent directement à la vie humaine. Le trafic de médicaments falsifiés appartient clairement à cette deuxième catégorie.
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Suite de l’article : En Afrique centrale, le phénomène prend une ampleur inquiétante, au point de devenir une véritable question de santé publique, mais aussi de sécurité.
Plus de 250 tonnes de produits médicaux ont été saisies entre 2020 et 2025 dans les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), selon le rapport consacré au phénomène par l’ONUDC, l’OMS et la Commission de la CEMAC. Derrière ces chiffres impressionnants, il faut surtout imaginer des patients qui avalent des comprimés en pensant acheter un traitement capable de les soigner.
Le problème devient encore plus préoccupant avec l’apparition d’une production locale grandissante de produits falsifiés. Autrement dit, le danger ne vient plus uniquement de marchandises introduites clandestinement depuis l’étranger. Des réseaux peuvent également produire, conditionner et écouler leurs propres faux médicaments sur les marchés locaux.
Comment accepter que quelqu’un puisse gagner de l’argent en fabriquant volontairement un produit qui peut rendre malade, aggraver une maladie ou même provoquer la mort ? Le médicament n’est pas un simple produit commercial. Un faux médicament n’est pas une simple contrefaçon de marque : il peut contenir une mauvaise substance, un mauvais dosage, voire aucune substance active. L’OMS rappelle que ces produits peuvent entraîner des échecs thérapeutiques, des intoxications et contribuer à l’antibiorésistance.
Et l’Afrique centrale n’est malheureusement pas un cas isolé. L’OMS estime que plus d’un médicament sur dix dans les pays à revenu faible ou intermédiaire est de qualité inférieure ou falsifié. Le phénomène concerne également les autres régions du continent et, désormais, les circuits de vente en ligne facilitent encore la diffusion de produits douteux.
Il faut cependant éviter un autre raccourci : renforcer la production locale ne doit surtout pas être confondu avec favoriser la contrefaçon. L’Afrique a justement besoin de produire davantage de médicaments de qualité. L’OMS souligne que le continent reste fortement dépendant des importations et encourage aujourd’hui le développement d’une production pharmaceutique locale accompagnée de contrôles réglementaires solides.
Le Kenya offre d’ailleurs un exemple intéressant : en 2026, le pays a lancé une stratégie destinée à développer sa fabrication locale tout en renforçant les mécanismes de contrôle contre les produits falsifiés.
C’est précisément cette combinaison qu’il faut rechercher en Afrique centrale : produire davantage, contrôler davantage et sanctionner réellement les réseaux criminels.
Car lutter contre les faux médicaments uniquement au moment des saisies ne suffira jamais. Il faut surveiller les frontières, les pharmacies, les marchés parallèles, les chaînes d’approvisionnement et désormais Internet. L’OMS insiste d’ailleurs sur la nécessité d’une coopération entre États, autorités sanitaires et forces de l’ordre.
Le véritable enjeu est finalement simple : un Africain qui achète un médicament doit pouvoir avoir confiance dans ce qu’il avale.
Si même cette confiance devient un luxe, alors ce n’est plus seulement le trafic de médicaments qu’il faut combattre. C’est tout un système de santé qu’il faut protéger.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 09/10/2026
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