Après l’échec de sa candidature au secrétariat général des Nations unies, Macky Sall regarde-t-il déjà vers 2029 ?
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Suite de l’article : À l’Alliance pour la République (APR), certains affichent clairement leur volonté de reconquérir le pouvoir. Mais entre les ambitions d’un ancien chef de l’État et les attentes des Sénégalais, il existe un fossé que les discours de fidélité ne suffiront pas à combler.
Il faut arrêter de faire comme si la politique sénégalaise était un jeu de chaises musicales où les anciens présidents peuvent revenir s’asseoir dès qu’une place se libère. Macky Sall a dirigé le Sénégal pendant douze ans. Il a exercé le pouvoir, défendu son bilan et marqué l’histoire politique du pays. Mais aujourd’hui, une question mérite d’être posée : pourquoi devrait-il automatiquement être considéré comme le candidat naturel de l’APR pour 2029 ?
La démocratie n’est pas une propriété privée. Un parti politique ne peut pas réduire son avenir à la personne d’un seul homme. Pourtant, certains responsables de l’APR semblent convaincus que sans Macky Sall, leur formation politique serait condamnée à disparaître. Voilà une confession qui en dit long sur les limites de leur renouvellement.
Un parti incapable de préparer l’après-Macky Sall est-il réellement prêt à reconquérir le pouvoir ?
Le parallèle avec la Côte d’Ivoire est révélateur. Alassane Ouattara, après avoir quitté la présidence, a lui aussi entretenu la possibilité d’un retour politique. Son parcours montre que les anciens chefs d’État peuvent conserver une influence considérable, mais que leur retour dépend aussi des circonstances, des équilibres politiques et de la perception de leur bilan. Au Sénégal, Macky Sall ne peut pas ignorer cette réalité.
Les événements de 2021 à 2024 constituent également une équation incontournable. Les violences, les pertes en vies humaines et les tensions politiques ont profondément marqué les Sénégalais. Des organisations de la société civile ont évoqué environ 80 morts durant cette période. Même si les responsabilités restent au cœur de débats politiques et judiciaires, il serait irresponsable de prétendre que cette séquence appartient déjà au passé.
Un retour aux affaires ne se décrète pas dans les réunions de parti. Il se construit devant les citoyens, par des explications, une capacité à assumer le bilan et une volonté de répondre aux préoccupations du peuple.
Autre paradoxe : le soutien de Bassirou Diomaye Faye à la candidature de Macky Sall à l’ONU a alimenté les spéculations sur un rapprochement entre les deux hommes. Mais faut-il confondre un soutien diplomatique avec une alliance politique ? La diplomatie impose parfois des gestes qui dépassent les rivalités nationales. Cela ne signifie pas que les divergences sont effacées.
Sur le plan juridique, une candidature en 2029 ne peut pas être écartée sur la seule base de ses deux précédents mandats consécutifs. Mais la Constitution n’est pas une autorisation automatique de retour. Elle fixe des règles ; les électeurs, eux, décident.
Macky Sall peut donc rêver de 2029. L’APR peut même en faire son objectif. Mais il serait temps de comprendre qu’une ambition présidentielle ne remplace ni un projet crédible, ni un bilan assumé, ni une véritable écoute des Sénégalais.
Le Sénégal n’a pas besoin d’un éternel recommencement. Il a besoin d’une démocratie où les anciens dirigeants savent rendre des comptes et où les partis préparent l’avenir au lieu de s’accrocher à leurs figures historiques.
En 2029, Macky Sall pourra peut-être revenir dans la course. Mais croire que son nom suffira à convaincre les Sénégalais serait une grave erreur politique.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 03/11/2026
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