PRODAC, un scandale sans suite ? : Mame Mbaye Niang reste intouchable - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Emmanuel | Publié le 29/09/2025 03:09:30

PRODAC, un scandale sans suite ? : Mame Mbaye Niang reste intouchable

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La récente réapparition de Mame Mbaye Niang aux côtés de l’ex-président Macky Sall à New York, lors de la présentation d’un ouvrage, a de quoi interloquer. L’ancien ministre du Tourisme, dont le nom reste associé à l’une des affaires judiciaires les plus controversées du Sénégal le PRODAC, semble bénéficier d’une impunité troublante, malgré son rôle central dans l’éviction politique d’Ousmane Sonko. Cette scène, plus qu’un simple événement mondain, révèle la persistance de réseaux de pouvoir qui protègent leurs membres, même après la fin d’un régime.

Cette complicité apparente, questionne le rôle de Macky Sall dans la protection de ses anciens ministres, et souligne l’urgence d’une reddition des comptes pour restaurer la confiance dans les institutions sénégalaises.

En 2023-2024, Mame Mbaye Niang a été l’artisan d’un procès en diffamation contre Ousmane Sonko, alors candidat à la présidentielle. La condamnation de Sonko à six mois de prison avec sursis et à une amende de 200 millions de FCFA, prononcée pour des accusations liées à la gestion du Programme des domaines agricoles communautaires (PRODAC), a entraîné son inéligibilité à l’élection présidentielle de mars 2024.

Pourtant, les rapports de l’Inspection générale des finances et de la Cour des comptes ont mis en évidence de graves irrégularités dans la gestion du PRODAC, pointant directement Niang et son entourage. Malgré ces révélations, Niang n’a jamais été inquiété.

La présence de Niang à New York, aux côtés de Macky Sall, n’est pas anodine. Elle intervient alors que plusieurs anciens ministres du régime précédent sont poursuivis pour des faits de gestion douteuse, et que la Haute Cour de justice sénégalaise a rouvert ses portes pour juger des responsables de l’ère Sall. Cette situation pose une question lancinante : pourquoi certains bénéficient-ils d’une protection évidente, tandis que d’autres paient le prix de leurs actes ?

Les rencontres entre Niang et Sall, que ce soit à Marrakech ou à New York, ne sont pas des coïncidences. Elles illustrent la solidité des liens entre les anciens dignitaires, et la volonté de Macky Sall de maintenir son influence, même après son départ du pouvoir. Alors que des procédures judiciaires visent d’autres ministres, Niang, lui, circule librement, comme si sa proximité avec l’ex-président le mettait à l’abri des poursuites.

Cette impunité apparente est d’autant plus choquante que le PRODAC a été au cœur d’un scandale financier de plusieurs milliards de FCFA, avec des allégations de détournements et de mauvaise gestion. Pourtant, Niang n’a jamais été traduit en justice pour ces faits, contrairement à des collaborateurs de moindre envergure. La justice sénégalaise semble ainsi sélective, épargnant ceux qui ont joué un rôle clé dans des affaires politiquement sensibles. Le nouveau gouvernement, dirigé par Ousmane Sonko, a promis de faire la lumière sur ces dérives et de rendre des comptes. Mais la présence sereine de Niang à l’étranger, loin des tribunaux, montre que les promesses de transparence se heurtent encore à des résistances.

L’instrumentalisation de la justice est flagrante : le procès intenté par Niang contre Sonko a été largement perçu comme une manœuvre politique pour écarter un adversaire gênant. Les preuves de gestion douteuse du PRODAC n’ont jamais conduit à des poursuites contre Niang, alors qu’elles ont servi à condamner Sonko. Macky Sall, en accueillant Niang à plusieurs reprises, envoie un signal clair : ses proches sont intouchables. Cette attitude sape les efforts de réconciliation nationale et alimente la défiance envers les institutions. Le Sénégal ne peut avancer sans une justice équitable. Tant que des figures comme Niang échapperont à toute sanction, le sentiment d’injustice persistera, et la crédibilité de l’État en souffrira.

Cette dynamique rappelle d’autres cas sur le continent, où d’anciens dirigeants et leurs ministres bénéficient d’une immunité de fait, malgré des allégations de corruption ou de mauvaise gestion. Au Nigeria, en RDC ou en Côte d’Ivoire, des affaires similaires ont montré que la justice peine souvent à toucher les plus hauts responsables, faute de volonté politique.

La réapparition de Mame Mbaye Niang aux côtés de Macky Sall est un symbole de ce qui ne va pas dans la gouvernance sénégalaise. Elle rappelle que les réseaux de pouvoir persistent, et que la justice reste inégale. Pour restaurer la confiance, il est impératif que les nouvelles autorités agissent sans complaisance, et que Niang, comme les autres, réponde de ses actes devant la justice. Le Sénégal mérite mieux qu’une justice sélective. Il est temps que tous les responsables, quel que soit leur rang, soient tenus pour comptables de leurs actes. La crédibilité de la démocratie sénégalaise en dépend.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Fanta M Ba.
Mis en ligne : 29/09/2025

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