Chantier ferroviaire au ralenti : L'Etat peut-il rattraper le coup ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Maimouna | Publié le 24/02/2026 03:02:00

Chantier ferroviaire au ralenti : L'Etat peut-il rattraper le coup ?

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Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé à Dakar une réunion stratégique consacrée aux grands projets ferroviaires nationaux, selon la primature. Les responsables du secteur ont présenté un exposé exhaustif sur l’état d’avancement des chantiers en cours, les contraintes rencontrées et les perspectives du ferroviaire dans le cadre de l’Agenda national de Transformation. La primature a indiqué que «des décisions structurantes sont attendues, avec pour objectifs d’impulser la transformation systémique du pays et d’améliorer durablement la mobilité des populations et des biens».

La rencontre avait pour objet de faire le point sur des programmes de modernisation et d’extension du réseau ferroviaire dont l’exécution a été présentée comme confrontée à des obstacles techniques, financiers et administratifs.

Les informations partagées lors de la réunion confirment un constat désormais fréquent: l’avancement des chantiers ferroviaires se heurte à des retards répétés et à des révisions budgétaires. Les exposés officiels ont listé des contraintes logistiques, des problèmes d’approvisionnement et des difficultés de coordination entre maîtres d’ouvrage et entreprises. Ces éléments correspondent à des signes classiques de dépassements de coûts: calendrier prolongé, besoin de fonds complémentaires et multiplication des avenants contractuels. Les conséquences sont tangibles pour les citoyens qui attendent des gains de mobilité et des créations d’emplois liées aux projets.

Les retards s’accompagnent d’effets budgétaires directs: chaque report d’échéance augmente les charges liées aux prestations, à la main-d’œuvre et à la logistique, tandis que l’inflation pèse sur le prix des matériaux importés. Les documents présentés à la réunion évoquent des risques sur la viabilité financière de certaines sections et sur la capacité à respecter les objectifs de l’Agenda national de Transformation. Là où les échéances initiales prévoyaient une mise en service rapide, les calendriers réajustés repoussent les bénéfices escomptés pour plusieurs territoires. Cette dynamique fragilise la perception publique de l’efficacité des autorités en charge du suivi.

Premièrement, la répétition des reports met en évidence des lacunes dans la planification et l’identification des risques en amont des contrats. L’énumération des contraintes techniques et administratives lors de la réunion montre que des études préalables auraient dû mieux anticiper les goulots d’étranglement. Deuxièmement, les ajustements financiers signalés pendant l’exposé révèlent des estimations initiales souvent optimistes, qui laissent ensuite place à des demandes de financements supplémentaires. Troisièmement, l’absence de calendrier de communication clair vers les populations concernées contribue à l’érosion de la confiance: quand les promesses de service rapide ne se concrétisent pas, les citoyens ressentent un décalage entre les annonces politiques et la réalité opérationnelle.

En privilégiant ces faits, il apparaît que les retards et les dépassements de coûts exposent les usagers à des promesses non tenues et à une dégradation de la confiance envers les institutions publiques. La réunion dirigée par le Premier ministre a reconnu les obstacles, mais la simple reconnaissance des problèmes ne suffit pas à effacer l’impact social et économique des retards. Comparée à des projets ferroviaires menés avec des cadres contractuels stricts et une gouvernance renforcée, la situation nationale semble souffrir d’un déficit de pilotage. Comparée aussi à d’autres infrastructures publiques qui ont connu une surveillance budgétaire plus serrée, le ferroviaire montre ici ses vulnérabilités.

Les éléments évoqués pendant la session renvoient à des mécanismes bien documentés: mauvaise estimation initiale des coûts, répercussions de la chaîne d’approvisionnement internationale, et complexité des procédures d’appels d’offres. Les exposés ont mentionné la nécessité d’actions correctives pour limiter les avenants et pour renforcer le suivi des phases de réalisation. Les décisions annoncées par la primature devront inclure des engagements précis sur les délais, des audits techniques et financiers et des mécanismes de transparence pour restaurer la confiance.

La réunion de vendredi a formalisé un diagnostic factuel: des chantiers ferroviaires marqués par des contraintes qui retardent les mises en service et alourdissent les budgets. Ces constats, consignés dans les exposés ministériels, traduisent une réalité concrète pour les populations qui attendent des transports plus fiables. La confiance envers les autorités dépendra désormais de la capacité à transformer les décisions structurantes annoncées en mesures opérationnelles et vérifiables, avec des résultats mesurables et communiqués de manière régulière.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Souleymane D.
Mis en ligne : 24/02/2026

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