La brigade territoriale de Ouakam, dirigée par le major Ndoye, a arrêté deux ressortissants étrangers le vendredi 27 février 2026 pour exercice illégal de la médecine, usurpation de fonction, faux en documents administratifs et mise en danger de la vie d’autrui dans la commune de Ouakam, près de Dakar.
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Suite de l’article : La perquisition a permis la saisie de certificats médicaux présumés falsifiés et de matériel médical. La gendarmerie a ouvert une enquête pour identifier d’éventuelles victimes.
L’affaire révèle une faille criante dans la chaîne de contrôle qui précède l’exercice médical: des individus ont pu pratiquer et délivrer des certificats sans qu’aucune vérification préalable de leur provenance professionnelle n’ait été opérée. La scène est inquiétante et oblige à questionner la capacité des services de contrôle aux frontières et des autorités sanitaires à protéger la population.
Les gendarmes ont été alertés le mercredi 25 février 2026 par un signalement indiquant qu’un individu se faisait passer pour un médecin et utilisait l’en-tête d’un hôpital où il n’était pas connu. L’arrestation a eu lieu deux jours plus tard et l’enquête est toujours en cours.
L’enquête policière montre d’abord que la fraude n’est pas seulement individuelle, elle exploite des lacunes administratives. Les documents saisis, dont des certificats médicaux altérés, témoignent d’un processus de production et de diffusion de pièces falsifiées qui suppose un accès relativement libre aux en-têtes, aux formats et aux informations hospitalières. Sans contrôle en amont, il suffit parfois d’un faux tampon ou d’une signature apocryphe pour franchir la barrière de crédibilité auprès d’employeurs ou d’institutions.
Les services de contrôle aux frontières jouent un rôle central dans la prévention de telles pratiques. Or, les autorités migratoires et sanitaires semblent incapables d’empêcher l’entrée ou l’installation de personnes présentant des compétences cliniques auto-déclarées sans certificats vérifiables. Cette défaillance rappelle des précédents: des praticiens non agréés ont été découverts dans d’autres pays de la région, où l’absence de fichiers centralisés a facilité les impostures. À titre de comparaison, certains pays européens imposent la vérification obligatoire des diplômes auprès des universités d’origine, ce qui réduit considérablement les risques d’exercice illégal.
La question des contrôles internes est tout aussi pressante. Les hôpitaux et les cliniques devraient disposer d’un registre accessible et d’un protocole simple pour confirmer l’identité et la qualification des praticiens. En l’absence de listes publiques ou de bases de données interconnectées entre administrations, une enquête policière reste la seule réponse après la découverte d’un scandale, et non une prévention efficace.
Les faits saisis lors de la perquisition constituent des preuves matérielles d’une opération structurée: certificats falsifiés, matériel médical, et documents administratifs. Ces éléments corroborent l’hypothèse d’un commerce de certificats ou d’une activité organisée plutôt qu’un acte isolé. La présence de matériel médical indique aussi que les risques pour la santé publique dépassent la simple usurpation d’identité; des traitements inadaptés ou dangereux ont pu être administrés.
Les chiffres disponibles au niveau régional montrent une augmentation des signalements d’exercice illégal au cours des trois dernières années, ce qui illustre une tendance que les contrôles actuels n’ont pas contrecarrée. Une comparaison avec les procédures de vérification des praticiens dans des systèmes à dossier centralisé met en lumière l’écart entre sécurité effective et sécurité affichée.
Des études publiées par des organismes de santé recommandent la mise en place d’un fichier national des professionnels de santé accessible aux autorités migratoires et aux établissements de soins. L’Organisation mondiale de la santé a documenté des cas similaires où la vérification des diplômes auprès des institutions d’origine a permis d’écarter des praticiens non qualifiés. Ces modèles offrent des pistes concrètes pour réduire la vulnérabilité exposée par l’arrestation de Ouakam.
L’arrestation des deux étrangers à Ouakam confirme qu’une simple intervention policière ne suffit pas à combler les vides laissés par des contrôles aux frontières et des procédures d’habilitation médicales inexistantes ou inopérantes. Les documents saisis et le matériel retrouvé soulignent le risque réel pour la population lorsque la provenance et la formation des praticiens ne sont pas vérifiées. Sans dispositifs de vérification rigoureux et sans coordination entre services migratoires et autorités sanitaires, la répétition de tels cas demeure probable, avec des conséquences sanitaires et juridiques lourdes.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Badara G.
Mis en ligne : 16/04/2026
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