Cela fait maintenant une semaine que ma belle-mère est installée chez nous, à Dakar, pour suivre un traitement médical. Je comprends qu’elle soit souffrante. Je respecte cela. Mais ce n’est pas une maladie qui la cloue au lit. Elle peut se lever, marcher, parler longuement au téléphone… et passer des heures devant les séries à la télévision.
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Suite de l’article : Je ne suis pas une femme sans cœur. Au contraire. Dès son arrivée, j’ai tout fait pour qu’elle se sente à l’aise : chambre bien préparée, repas équilibrés, médicaments à l’heure. Entre le travail, les enfants et la maison, je gère déjà beaucoup. Comme beaucoup de femmes sénégalaises, je porte plusieurs responsabilités sans me plaindre. Mais au bout de quelques jours, la fatigue a commencé à me rattraper.
Dimanche dernier, j’étais épuisée. J’avais juste envie de souffler un peu. Alors, calmement, je lui ai demandé si elle pouvait préparer le repas, exceptionnellement, pour ce jour-là. Ce n’était pas une exigence, encore moins un manque de respect. Juste une demande, humaine. Elle a refusé, sans explication. Elle est restée allongée, télécommande en main.
Sur le moment, j’ai ressenti une grande frustration. Je me suis dit : si elle ne veut pas participer, alors je ne vais pas continuer à faire comme si de rien n’était. J’ai préparé le repas pour mes enfants. Une amie était passée me voir, nous avons mangé ensemble. Je n’ai pas servi ma belle-mère. Ce n’était peut-être pas la meilleure décision, mais c’était le résultat de mon épuisement et de mon incompréhension.
Vers 17 heures, je l’ai trouvée en train de pleurer. Je savais que mon mari rentrait à 18 heures. Et effectivement, dès son arrivée, elle lui a raconté sa version des faits. Une version où j’étais la méchante belle-fille qui laisse sa belle-mère affamée. Elle n’a pas parlé de ma fatigue, ni de ma demande polie, ni de son refus catégorique.
Ce qui m’a le plus blessée, ce n’est pas qu’elle se soit plainte. C’est que mon mari ne m’ait même pas demandé ma version. Il s’est emporté. Il m’a dit de rentrer chez mes parents pour « régler le problème là-bas ». Comme si j’étais une enfant fautive. Comme si notre foyer n’était pas aussi le mien.
Depuis dimanche soir, je suis chez mes parents. Le silence est lourd. Il ne répond pas à mes appels. Je commence à m’inquiéter, mais aussi à réfléchir. Dans beaucoup de foyers, la place de la belle-mère est délicate. Le respect des aînés est une valeur essentielle chez nous, mais le respect doit être réciproque. Un couple ne peut pas se construire si la communication est remplacée par des accusations et des décisions prises sous le coup de l’émotion.
Je ne veux pas d’un conflit permanent. Je veux juste être écoutée. Être considérée. Être traitée comme une partenaire, pas comme une étrangère qu’on peut renvoyer au moindre désaccord.
Je me demande parfois : est-ce vraiment une question de belle-mère… ou un manque de dialogue dans le couple ?
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 17/04/2026
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