Je n’ai pas choisi d’être dans cet état, mais chaque jour, j’ai l’impression de me battre contre moi-même et contre le regard des autres.
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Suite de l’article : À 22 ans, je suis censée avancer, trouver ma place, construire quelque chose de solide. Pourtant, je me sens bloquée, comme si le monde avançait sans moi.
Je vis au Sénégal, dans une réalité que beaucoup connaissent sans toujours la dire. Le poids du chômage, la pression familiale, le manque de moyens… tout cela s’accumule silencieusement. Dans ma maison, je ne me sens plus vraiment chez moi. Les regards ont changé, les paroles aussi. Parce que je n’ai pas de travail, j’ai parfois l’impression d’être perçue comme un fardeau, comme quelqu’un qui ne rapporte rien. Cette situation me blesse profondément, même si je fais de mon mieux pour ne pas le montrer.
Chaque jour, je cherche des opportunités, je me débrouille comme je peux, mais les réponses se font rares. Et pendant ce temps, les besoins les plus simples deviennent compliqués à satisfaire. Ce ne sont pas seulement les grandes choses qui manquent, mais aussi les petites, celles qui paraissent banales pour certains mais essentielles pour moi. Cela renforce ce sentiment d’impuissance, comme si tout était hors de portée.
À la maison, je ressens parfois une forme d’incompréhension. Les mots peuvent être durs, les silences encore plus lourds. Pour éviter les tensions, je me replie sur moi-même. Je parle peu, je m’isole, non pas par choix, mais pour me protéger. À force, cela crée une distance avec mes proches, alors même que j’aurais besoin de soutien, d’écoute, de compréhension.
La nuit devient souvent le seul moment où tout se calme. Mais c’est aussi le moment où les pensées prennent plus de place. Les questions s’accumulent : pourquoi je n’y arrive pas ? Est-ce que je mérite mieux ? Est-ce que la situation va changer ? Ce sont des interrogations constantes, qui épuisent mentalement et émotionnellement.
Malgré tout, au fond de moi, une partie continue d’espérer. Espérer un travail, une stabilité, une reconnaissance. Espérer aussi retrouver un climat familial apaisé, où je pourrais me sentir acceptée telle que je suis, indépendamment de ma situation actuelle. Parce qu’au-delà des difficultés, je reste convaincue que la valeur d’une personne ne se résume pas à son emploi ou à sa capacité à contribuer financièrement.
Je crois aussi qu’il est important, dans ces moments difficiles, de ne pas rester totalement seule avec ce que l’on ressent. Même si c’est compliqué, trouver une personne de confiance, quelqu’un qui écoute sans juger, peut faire une différence. Parfois, exprimer ce que l’on garde en soi permet déjà de respirer un peu mieux.
Aujourd’hui, je ne prétends pas avoir toutes les solutions. Je suis encore en chemin, avec mes doutes, mes peurs et mes incertitudes. Mais je refuse de croire que cette situation définit toute ma vie. Je veux continuer à avancer, à chercher, à espérer, même lentement. Parce que malgré la fatigue, malgré les obstacles, il reste en moi une volonté discrète mais persistante de m’en sortir.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 25/04/2026
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