Keur Massar, zone rouge : Quand la drogue devient une habitude - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Maimouna | Publié le 20/06/2026 06:06:00

Keur Massar, zone rouge : Quand la drogue devient une habitude

L’arrestation de Diodio, l’actrice de la série Baabel, en flagrant délit de consommation et de détention de cocaïne, a de quoi glacer le sang. La vidéo virale qui a déclenché l’intervention du procureur Saliou Dicko révèle une réalité bien plus alarmante :

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Suite de l’article : Keur Massar, cette localité autrefois paisible, est en train de devenir un foyer de trafic et de consommation de stupéfiants. Et je ne peux m’empêcher de m’indigner. Non pas contre les individus interpellés, mais contre l’inaction relative qui a permis à cette situation d’en arriver là.

Keur Massar n’est plus une exception. Après les danseurs, les lutteurs, voici donc une actrice, figure publique, impliquée dans une affaire de drogue. 300 grammes de cocaïne, du chanvre indien, du crack, des objets à caractère sexuel : la perquisition a révélé un tableau édifiant. Pourtant, cette affaire n’est que la partie émergée de l’iceberg. Les opérations récentes de la gendarmerie, comme celle du 14 décembre 2025 où 25 kg de cocaïne ont été saisis, ou encore les 81 kg de chanvre indien confisqués en mars 2025, prouvent que le mal est profond. Keur Massar, Pikine, Thiaroye… la banlieue dakaroise est en train de se transformer en terrain de jeu pour les trafiquants.

L’affaire Diodio est révélatrice. Une vidéo sur les réseaux sociaux a forcé les autorités à agir. Mais où étaient-elles avant ? Pourquoi faut-il attendre qu’un scandale éclate pour que la Brigade de Recherches de Keur Massar intervienne ? Les quatre suspects, dont un mineur de 18 ans, ont eu le temps de dissimuler des preuves pendant plus d’une heure avant d’ouvrir la porte. C’est le signe d’une confiance déconcertante dans leur impunité. Et ce n’est pas un hasard : les réseaux de trafic, souvent transfrontaliers (la Guinée-Bissau est régulièrement citée comme plaque tournante), exploitent la porosité des frontières et la lenteur des réactions locales.

Je ne peux que constater, avec amertume, trois échecs cuisants :

Quand des célébrités, des sportifs ou des artistes sont impliqués, le message envoyé aux jeunes est catastrophique. La drogue n’est plus taboue, elle devient un accessoire de « réussite ».
Une localité ne se résume pas à ses dérapages, mais quand les affaires s’enchaînent, c’est toute sa réputation qui en pâtit. Qui voudra investir ou s’y installer si la drogue y est perçue comme banale ?

Les opérations coup de poing de la gendarmerie sont nécessaires, mais insuffisantes. Où sont les campagnes de sensibilisation dans les écoles, les mosquées, les centres de jeunesse ? Où sont les alternatives pour des jeunes de 18 ans qui se retrouvent mêlés à des trafics ?

La situation à Keur Massar rappelle des scénarios déjà vécus ailleurs. En Guinée-Bissau, le trafic de cocaïne a gangrené l’économie et la gouvernance. Au Nigeria, des stars de la musique ont été arrêtées pour blanchiment d’argent lié à la drogue. Le Sénégal doit tirer les leçons de ses voisins. Si rien n’est fait, Keur Massar ne sera que le début d’une crise bien plus large, où la drogue ne sera plus seulement un problème sanitaire, mais une menace pour la stabilité sociale et économique du pays.

Je ne veux pas croire que Keur Massar est condamnée. Mais pour éviter le pire, il faut agir maintenant. Renforcer les moyens de la gendarmerie, oui, mais aussi investir massivement dans la prévention, l’éducation et la réinsertion. Les célébrités impliquées doivent servir d’exemple, non pas pour les stigmatiser, mais pour montrer que personne n’est au-dessus des lois. Enfin, il est temps que les autorités, les leaders communautaires et les familles assument leurs responsabilités.

Keur Massar mérite mieux que de devenir le symbole d’un Sénégal qui perd le contrôle. Et c’est à nous tous de veiller à ce que cette dérive s’arrête. Avant qu’il ne soit trop tard.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 20/06/202
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