Le 25 juin 2026 à Nouakchott, le ministre sénégalais de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, envoyé spécial du président Bassirou Diomaye Faye, a été reçu par le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani pour faire le point sur le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) et sur les négociations en cours avec BP.
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Suite de l’article : Une réunion ministérielle a ensuite examiné l’état d’avancement, le protocole douanier et le régime fiscal liés au projet. Le ministre a salué « la qualité des échanges et la dynamique de collaboration », et il a appelé à « accélérer le traitement des dossiers ».
Le champ gazier GTA est exploité en commun par le Sénégal et la Mauritanie pour développer des capacités de production et d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL), avec une participation importante d’opérateurs internationaux et des négociations commerciales en cours pour l’approvisionnement domestique.
Les éléments techniques et juridiques en discussion déterminent la répartition effective des bénéfices. Les accords d’offtake pour du GNL impliquent fréquemment des contrats à long terme et des garanties d’achat qui sécurisent le retour sur investissement des entreprises exploitantes. Le protocole douanier et le régime fiscal peuvent accorder des exonérations sur les équipements, des facilités d’importation et des régimes fiscaux préférentiels qui réduisent les recettes publiques à court terme. Ces faits expliquent pourquoi les modalités négociées à Nouakchott intéressent autant les populations que les investisseurs.
La présence d’un grand groupe étranger comme BP dans les discussions soulève des questions pratiques: qui bénéficiera principalement des volumes produits, l’exportation vers des marchés internationaux ou l’approvisionnement des réseaux nationaux? L’accord d’exportation peut lier une part substantielle de la production à des engagements commerciaux, limitant la disponibilité de gaz pour les industries locales et la production d’électricité. Les régimes fiscaux étudiés vont déterminer le niveau d’impôt sur les profits, les droits de douane et les éventuelles exonérations, autant de leviers qui peuvent orienter la redistribution des richesses.
Plusieurs observations tirées d’autres projets gaziers en Afrique illustrent ces risques. Dans certains développements au Mozambique, des experts ont pointé un décalage entre promesses d’emplois locaux et emplois réellement créés pendant la phase opérationnelle. Au Nigeria, des concessions fiscales et des contrats de longue durée ont parfois réduit la part des recettes publiques immédiatement disponibles pour des services sociaux et des infrastructures. Ces comparaisons ne préjugent pas du sort du GTA mais mettent en lumière des mécanismes récurrents quand des investisseurs étrangers sont au centre des négociations.
Les discussions sur le régime fiscal et le protocole douanier ont donc une portée concrète: elles peuvent réduire le coût d’entrée pour les entreprises en diminuant les taxes sur le matériel importé, tout en laissant en suspens les garanties de contenu local et de transfert de compétences. Le calendrier des accords avec BP est un autre facteur mesurable, puisque la signature de contrats d’offtake et la finalisation des régimes fiscaux conditionneront l’emploi local, la formation professionnelle et les recettes publiques à venir.
Les faits présentés montrent une tension structurelle entre la sécurisation des investissements et la promesse d’une valeur ajoutée partagée. Les autorités sénégalaise et mauritanienne disposent d’outils juridiques et fiscaux pour orienter les retombées vers les populations, mais ces outils restent en discussion au moment où les engagements commerciaux se précisent. La suite des négociations et le contenu final des contrats détermineront de façon mesurable si le projet profitera d’abord aux entreprises étrangères ou s’il tiendra ses promesses d’emplois et de redistribution en faveur des habitants des zones concernées.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Fallou Ba.
Mis en ligne : 02/07/2026
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