Il faut bien le dire : ce qui se passe actuellement entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale mérite plus qu’un simple commentaire politique.
Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
Suite de l’article : Le 29 septembre 2026, deux dossiers importants ont été ralentis presque simultanément : le projet de loi sur la carte d’identité biométrique CEDEAO a été renvoyé en commission, tandis que l’examen de la proposition de modification du Code pétrolier a été suspendu après la saisine du Conseil constitutionnel par le Gouvernement.
Juridiquement, les deux procédures sont différentes. Le renvoi en commission relève des mécanismes parlementaires prévus par le règlement intérieur, tandis que le recours au Conseil constitutionnel concerne la recevabilité de la proposition de loi. Le Conseil constitutionnel est d’ailleurs compétent pour trancher ce type de conflit entre les pouvoirs exécutif et législatif.
Mais politiquement, le signal envoyé interroge. Car il y a une réalité que personne ne peut ignorer : ceux qui ont porté ensemble une même dynamique politique se retrouvent désormais dans des institutions différentes, avec des prérogatives propres et parfois des lectures divergentes. Le problème n’est pas que l’Assemblée contrôle le Gouvernement ou que l’Exécutif conteste une initiative parlementaire. C’est précisément le fonctionnement normal d’un régime institutionnel. Le danger commence lorsque la confrontation devient la méthode habituelle de règlement des désaccords.
Et là, il faut pousser un vrai coup de gueule. Derrière les procédures, il y a des Sénégalais. Une carte d’identité n’est pas un simple numéro de projet de loi dans un agenda parlementaire. Le Code pétrolier n’est pas non plus une bataille abstraite entre députés et Gouvernement. Il concerne la gestion d’un secteur stratégique et les règles qui encadrent les ressources naturelles du pays.
À force de renvois, de recours et de bras de fer, le risque est de donner l’impression que les institutions passent davantage de temps à se répondre qu’à faire avancer les dossiers.
La France a connu des situations de tension autrement plus structurées avec les périodes de cohabitation. En 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002, le président et la majorité parlementaire appartenaient à des camps différents. Les désaccords étaient parfois importants, mais les institutions ont continué à fonctionner dans le cadre constitutionnel. Les analyses de Vie publique soulignent néanmoins que ces périodes pouvaient compliquer certaines réformes et rendre l’action gouvernementale plus difficile.
Le Sénégal n’est évidemment pas dans une situation identique. Mais la comparaison rappelle une chose essentielle : la démocratie ne consiste pas à éviter les désaccords. Elle consiste à savoir les gérer.
Le Gouvernement a ses prérogatives. L’Assemblée nationale a les siennes. Le Conseil constitutionnel a également son rôle. Chacun doit pouvoir exercer ses compétences sans transformer systématiquement le désaccord en affrontement.
Car pendant que les institutions se regardent en chiens de faïence, les citoyens, eux, attendent des résultats. Le véritable enjeu n’est donc pas de savoir qui remportera le prochain bras de fer. C’est de savoir combien de temps encore les dossiers prioritaires pourront avancer sans être ralentis par la guerre des procédures.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 03/10/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.





