L’intervention récente de Thierno Alassane Sall, leader de la République des Valeurs (RDV), a mis en lumière une réalité que beaucoup préféreraient ignorer : le Sénégal traverse une crise économique et sociale profonde, marquée par une opacité inquiétante dans la gestion de la dette, des blocages institutionnels persistants et une dégradation alarmante des secteurs clés.
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Suite de l’article : Si le tableau dressé par le député est sombre, il est malheureusement corroboré par les faits et les analyses indépendantes. Je me permets ici de partager mon inquiétude face à cette situation, et d’argumenter en faveur d’une prise de conscience urgente.
Depuis 2019, la dette publique sénégalaise a explosé, atteignant 80 % du PIB en 2023, puis 132 % en 2026 selon le FMI, en raison notamment de la découverte de dettes cachées et de la hausse des dépenses publiques non maîtrisées. Les chocs exogènes (Covid-19, guerre en Ukraine) ont aggravé la situation, mais c’est surtout l’absence de transparence et de rigueur dans la gestion des finances publiques qui alimente aujourd’hui la défiance. Le remboursement des eurobonds de mars 2026, à hauteur de 485 millions de dollars, a été effectué dans l’urgence et sans communication claire, révélant une gouvernance à la dérive.
Les secteurs de l’éducation, de l’agriculture et du BTP, pilier de l’emploi, sont en crise. Les enseignants et étudiants multiplient les grèves, les producteurs d’arachides peinent à écouler leurs récoltes, et le BTP, en pleine récession, menace des milliers d’emplois. Pire, des projets phares comme l’électrification rurale (37 milliards de FCFA décaissés sans résultats visibles) ou la gestion des hydrocarbures (stock stratégique en baisse, projet offshore de Kayar en suspens) soulèvent des questions sur la capacité de l’État à gérer ses ressources. L’Assemblée nationale, paralysée par des querelles politiciennes, ne joue plus son rôle de contrôle, laissant le champ libre à des décisions opaques et à des priorités mal définies.
Le reprofilage de la dette, présenté comme une solution, n’est qu’un pansement sur une jambe de bois. Sans transparence, les marchés et les citoyens ne peuvent faire confiance aux institutions. La révélation de dettes cachées et l’absence de communication officielle sur les remboursements créent un climat d’incertitude qui décourage les investisseurs et aggrave la pression sur le franc CFA.
Les tensions entre l’exécutif et le législatif, ainsi que les rivalités internes au pouvoir, paralysent toute réforme structurelle. Le Sénégal, autrefois leader régional, est désormais devancé par des pays comme la Côte d’Ivoire ou le Bénin, qui affichent des croissances supérieures à 6 %.
Les projets d’électrification rurale ou de développement des hydrocarbures, pourtant cruciaux, sont mal gérés ou abandonnés. Le retrait des partenaires internationaux du projet offshore de Kayar et l’expiration de la concession des Industries chimiques du Sénégal (ICS) sans plan de reprise illustrent un manque de planification à long terme.
Alors que des pays comme la Côte d’Ivoire ou le Ghana ont su négocier des restructurations de dette claires et attractives pour les investisseurs, le Sénégal s’enlise dans des solutions de dernier recours, comme le recours massif au marché régional de l’UMOA-Titres, qui risque de fragiliser l’ensemble de la zone. La crise grecque de 2010 a montré les dangers d’une dette mal gérée et d’un manque de transparence : le Sénégal semble répéter les mêmes erreurs, avec des conséquences potentielles tout aussi graves pour sa population.
Je ne peux que partager le constat alarmant de Thierno Alassane Sall : sans une gouvernance transparente, responsable et orientée vers les urgences sociales, le Sénégal risque de s’enfoncer dans une crise durable. Les citoyens, déjà éprouvés par la cherté de la vie et le chômage, méritent mieux que des promesses non tenues et des décisions opaques. Il est temps que les dirigeants fassent preuve de courage politique, en rétablissant la confiance par la transparence, en priorisant les réformes structurelles et en protégeant l’argent public. L’avenir du pays en dépend.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 25/04/2026
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