Dette cachée et mensonges : Pourquoi le Sénégal suffoque - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Economie | Par Eva | Publié le 12/06/2026 12:06:00

Dette cachée et mensonges : Pourquoi le Sénégal suffoque

Le Sénégal fait face à une urgence financière sans précédent : 1 200 milliards de FCFA à rembourser en seulement deux mois. Face à cette pression budgétaire inédite, je ne peux m’empêcher de voir là le résultat d’une gestion désastreuse des finances publiques sous l’ère Macky Sall.

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Suite de l’article : Ce mur de la dette n’est pas une fatalité, mais bien la conséquence d’années de dissimulation, de mensonges et d’irresponsabilité. Je le dis sans détour : le Sénégal paie aujourd’hui les erreurs d’hier.

Entre juin et juillet 2026, le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye doit mobiliser une somme colossale pour éviter l’étouffement financier. Pourtant, cette crise ne date pas d’hier. Dès 2024, des audits indépendants — notamment ceux de la Cour des comptes et du cabinet Mazars — ont révélé que la dette publique avait été sous-estimée de manière délibérée sous Macky Sall. Alors que son administration affichait un ratio dette/PIB de 74 % en quittant le pouvoir, la réalité était bien plus sombre : 132 % du PIB fin 2024, avec une dette de l’État central estimée à 119 %, soit 23 666 milliards de FCFA. Pire, le FMI a confirmé qu’il y avait eu une « décision très consciente de sous-estimer le stock de la dette » durant les cinq dernières années du mandat de Sall.

Comment un pays peut-il se retrouver dans une telle situation ? La réponse est simple : on a menti aux Sénégalais, on a menti aux partenaires internationaux, et on a laissé filer les comptes publics. Ousmane Sonko, actuel Premier ministre, l’a résumé sans fard : « Le régime du président Macky Sall a menti au peuple, a menti aux partenaires, a tripatouillé les chiffres. » Les chiffres officiels parlaient d’un déficit budgétaire de 4,9 % du PIB en 2023… la Cour des comptes l’a recalculé à 12,3 %.

L’article souligne que le Sénégal doit aujourd’hui 1 200 milliards de FCFA en deux mois, dans un contexte de marché financier saturé et de marges budgétaires quasi inexistantes. Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Les besoins globaux de financement pour 2026 sont estimés à 6 075 milliards de FCFA, et entre 2026 et 2028, le pays devra débourser 14 870 milliards de FCFA au titre du service de la dette. Comment un pays peut-il assumer un tel fardeau sans s’asphyxier ?

La réponse, une fois de plus, se trouve dans le passé. Les 7 milliards de dollars de dette cachée révélés par la Cour des comptes et confirmés par le FMI ne sont pas une erreur comptable. C’est une stratégie délibérée pour maintenir une image de stabilité économique, alors que les finances publiques partaient à la dérive. Pendant ce temps, les recettes fiscales accusaient un retard de plus de 200 milliards de FCFA par rapport aux prévisions, et les subventions aux carburants risquaient de dépasser le budget de 2026 de près de 2 milliards de dollars.

Je ne peux pas rester silencieux face à une telle irresponsabilité. Voici pourquoi je condamne cette gestion :

Les chiffres ont été falsifiés pour cacher la réalité. Ce n’est pas une question de méthode comptable, mais bien de manipulation. Macky Sall a quitté le pouvoir en laissant une bombe financière entre les mains de ses successeurs. Le FMI a même suspendu son programme d’aide en attendant des clarifications. Aujourd’hui, c’est le peuple sénégalais qui paie. Les coupes budgétaires et les nouvelles taxes se multiplient, alors que les promesses de développement s’envolent. Où est passée l’émergence tant promise ?

Cette situation rappelle d’autres crises de dette en Afrique, comme celle du Mozambique en 2016, où des emprunts cachés avaient plongé le pays dans le chaos. Ou encore celle de la Tunisie, où une gestion opaque des finances publiques a conduit à une crise sociale sans précédent. Dans ces cas, comme au Sénégal, les dirigeants ont préféré cacher la vérité plutôt que d’agir. Le résultat ? Des années de souffrance pour les populations.

Le mur de la dette auquel fait face le Sénégal aujourd’hui n’est pas tombé du ciel. Il est le fruit d’années de mensonges, de dissimulations et de mauvaise gestion. Macky Sall a peut-être quitté le pouvoir, mais la facture, elle, est restée. Et c’est au peuple sénégalais de la payer.

Je le dis avec fermeté : il faut que justice soit rendue. Les responsables de cette catastrophe financière doivent répondre de leurs actes. Sinon, comment croire en l’avenir ? Le Sénégal mérite mieux que des comptes truqués et des promesses non tenues. Il mérite la transparence, la responsabilité, et un avenir où la dette ne sera plus un fardeau, mais un outil au service du développement.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 12/06/202
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