Accusations réfutées : Mamadou Faye défie ses détracteurs - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Economie | Par Maimouna | Publié le 19/06/2026 08:06:00

Accusations réfutées : Mamadou Faye défie ses détracteurs

Mamadou Faye, président sortant de la Cour des comptes du Sénégal, a annoncé lors de son départ après près d’une décennie de mandat qu’aucune « dette cachée » ne figure dans les rapports officiels de la juridiction.

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Suite de l’article : Il a souligné le renforcement des effectifs, l’augmentation du nombre de magistrats et l’amélioration de la production des rapports, ainsi que le respect des délais. Ces déclarations interviennent au cœur d’une polémique publique sur la dette dite « cachée ».

La controverse a porté sur la diffusion des derniers travaux de la Cour et sur les interrogations formulées par des acteurs politiques et des observateurs citoyens au sujet des preuves et des pièces justificatives associées aux audits. J’observe que, malgré les annonces de performances institutionnelles, les communiqués publics n’ont pas été suivis d’une mise à disposition claire et exhaustive des éléments méthodologiques auxquels se réfèrent les conclusions publiées.

L’analyse des éléments disponibles montre une dissociation entre les affirmations publiques et la documentation accessible. Le président sortant met en avant des gains structurels: plus de magistrats et une production de rapports plus régulière. Les critiques se concentrent sur l’absence, selon elles, d’annexes publiques détaillant les sources, les diligences menées et les éléments chiffrés ayant conduit aux conclusions sur l’endettement. Cette lacune crée une zone d’opacité autour des procédures d’audit et fragilise la vérifiabilité des constats officiels.

Les mécanismes à l’œuvre sont classiques: une institution peut améliorer ses indicateurs de production sans pour autant modifier ses pratiques de transparence documentaire. Les normes internationales de contrôle public (ISSAI) recommandent la traçabilité des travaux et la publication d’informations méthodologiques pour permettre la réplicabilité des audits. À cet égard, la Cour des comptes du Sénégal est comparée à des juridictions qui publient non seulement des rapports synthétiques mais aussi des annexes et des bases de données consultables en ligne. La Cour des comptes française, par exemple, diffuse des rapports accompagnés d’annexes détaillées, ce qui facilite le contrôle public et les vérifications externes.

Les arguments factuels en faveur d’une vigilance renforcée reposent sur des constats concrets. D’abord, les déclarations déclarant l’absence de dette cachée émanent d’un responsable institutionnel mais ne sont pas assorties d’une publication exhaustive des pièces d’enquête. Ensuite, la montée en puissance quantitative de la Cour ne garantit pas automatiquement une amélioration des pratiques de transparence procédurale. Enfin, la persistance des questions publiques après la publication traduit un déficit d’accès aux éléments qui permettraient aux tiers de vérifier les affirmations.

Pour illustrer, plusieurs organisations de la société civile et des parlementaires ont demandé la communication des rapports d’audit complets et des annexes techniques avant et après la révélation de la controverse, selon leurs communiqués publics. Dans d’autres juridictions africaines, des cours des comptes ont répondu à des polémiques comparables en rendant publiques des pièces complémentaires, ce qui a permis de réduire les suspicions. Ces exemples fournissent des références opérationnelles qui permettent d’évaluer la portée des pratiques actuelles au Sénégal.

Je constate que l’enjeu principal reste procédural: sans accès effectif aux pièces, aux méthodes et aux jeux de données, les affirmations selon lesquelles il n’existe « aucune dette cachée » demeurent difficiles à vérifier de manière indépendante. Les améliorations structurelles annoncées par le président sortant sont des acquis factuels, mais la transparence procédurale reste partielle et alimente le doute légitime des acteurs publics et privés. Il appartiendra au successeur et aux parties prenantes de combler ce déficit documentaire pour restaurer une confiance vérifiable dans les rapports publiés.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Jule.
Mis en ligne : 19/06/2026

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