Deux sièges permanents pour l’Afrique : La vision audacieuse de Macky Sall - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Maimouna | Publié le 06/05/2026 12:05:00

Deux sièges permanents pour l’Afrique : La vision audacieuse de Macky Sall

Le 22 avril, à New York, l’ancien président sénégalais Macky Sall a été entendu par l’Assemblée générale des Nations unies dans le cadre de la succession du secrétaire général António Guterres.

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Suite de l’article : Seul candidat africain en lice, présenté par le Burundi, il n’a jamais exercé de fonction au sein de l’organisation et a défendu une vision de réforme globale pendant trois heures d’audition.

Je crois que sa revendication d’obtenir deux sièges permanents pour l’Afrique au Conseil de sécurité mérite d’être entendue comme une chance pour renforcer la représentation et la légitimité de l’ONU. Sa parole a trouvé son élan quand il a parlé de diplomatie préventive, de rationalisation des structures et de responsabilité partagée entre pays du Nord et pays du Sud. J’entends dans son discours une invitation à réparer un déséquilibre ancien et à moderniser les institutions qui gouvernent notre sécurité collective.

La demande d’une représentation accrue de l’Afrique s’inscrit dans un débat de longue date sur la réforme du Conseil de sécurité, alors que les règles actuelles reflètent un ordre mondial hérité de la Seconde Guerre mondiale et contesté par de nombreux États.

Je défends l’idée que deux sièges permanents pour l’Afrique offriraient un gain concret de crédibilité pour l’ONU. D’abord, la composition du Conseil de sécurité influence la perception de l’organisation auprès des populations qui subissent crises et conflits. Quand les décisions sont prises sans voix permanente africaine, les résolutions perdent en poids moral sur le continent concerné. La présence de deux représentants africains permanents transformerait le Conseil en un espace où les intérêts et les sensibilités du Sud sont systématiquement présents, réduisant l’impression d’une gouvernance exclusive.

Ensuite, la réforme envisagée par Macky Sall peut améliorer l’efficacité opérationnelle. Avec deux sièges permanents, l’Afrique pourrait jouer un rôle plus structurant dans la diplomatie préventive et dans la planification des opérations de maintien de la paix. Plutôt que d’être simple théâtre des décisions prises ailleurs, le continent deviendrait acteur du calendrier et des priorités, ce qui faciliterait la légitimité des interventions et la coopération locale. J’ai en tête des missions où l’adhésion des acteurs locaux aurait permis d’éviter l’enlisement; une représentation permanente africaine diminuerait ce risque.

Sur le plan symbolique, la revendication ressemble à une réparation historique et à une mise en accord entre représentativité et démographie mondiale. L’Afrique concentre une part importante de la population mondiale et des défis transnationaux. Comparée à l’ordre actuel, la réforme serait comme un miroir enfin adapté à la réalité démographique et géopolitique. Comparée aussi à d’autres institutions réformées avec retard, l’ONU gagnerait en pertinence si elle incorporait cette modernisation.

Je soutiens que la proposition est politiquement réalisable si elle est pensée comme une opportunité de redistribution du pouvoir plutôt que comme une menace pour les actuels détenteurs de sièges. Les négociations devront prévoir des garanties équilibrées: mandats renouvelables, mécanismes de consultation régionale et responsabilité accrue des titulaires. Les exemples de réformes réussies dans d’autres enceintes multilatérales montrent qu’un compromis ambitieux peut naître d’une alliance entre pays du Sud et partenaires sensibles à la légitimité.

La légitimité de l’ONU passerait par des décisions perçues comme justes et ancrées localement. Si le Conseil de sécurité intègre durablement la voix africaine, les résolutions auront plus de chances d’être appliquées et respectées. Je pense aussi que cette réforme encouragerait des engagements financiers et opérationnels nouveaux, car la responsabilité politique et la représentation vont souvent de pair avec la volonté d’investir.

Les chiffres démographiques et les projections économiques soutiennent cette demande: la population africaine représente près d’un quart de l’humanité et connaîtra une croissance significative ce siècle. Les crises climatiques, sanitaires et migratoires qui affectent le continent ont des retombées globales. Donner à l’Afrique une place permanente, ce serait reconnaître que la résolution de ces enjeux exige une gouvernance partagée. Des voix africaines permanentes pourraient aussi porter la voix de la prévention, privilégiant la diplomatie avant le recours à la force.

Je défends avec conviction l’idée que l’attribution de deux sièges permanents à l’Afrique est plus qu’une revendication symbolique: c’est une chance de réconcilier la gouvernance mondiale avec la réalité du siècle. En renforçant la représentation, l’ONU gagnerait en légitimité, en efficacité et en capacité de prévenir les crises. J’entends la demande de Macky Sall comme une invitation à transformer une organisation respectable mais parfois dépassée en une alliance réellement universelle, capable de décider avec l’autorité et la justice que nos peuples attendent.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 06/05/202
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