L’article des Échos du 30 avril 2026 annonce le congrès de Taxawu Sénégal les 9 et 10 mai prochain, présenté comme une « démonstration de force et de cohésion » par Khalifa Sall.
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Suite de l’article : L’ancien maire de Dakar y invite toutes les figures de l’opposition, avec une attention particulière pour Idrissa Seck, dont la présence est espérée pour « consolider un bloc unitaire face au pouvoir ». Si l’intention semble louable, je ne peux m’empêcher de voir dans cette initiative une tentative désespérée de redonner un souffle à une opposition sénégalaise en perte de vitesse et de crédibilité.
Le paysage politique sénégalais est aujourd’hui marqué par une opposition fragmentée, minée par des défections internes et des rivalités personnelles. Taxawu Sénégal, après des mois de divisions, cherche à se reconstruire en misant sur l’union sacrée.
Pourtant, l’histoire récente montre que les alliances entre Khalifa Sall, Idrissa Seck et d’autres figures comme Mimi Touré ou Amadou Ba n’ont souvent accouché que de promesses non tenues. Ces acteurs, bien que légitimes dans leur volonté d’exister politiquement, peinent à convaincre. Leur silence médiatique prolongé et leur incapacité à proposer une alternative claire au pouvoir en place interrogent. À l’ère du numérique, où la visibilité et l’engagement sont cruciaux, leur discrétion sonne comme un aveu de faiblesse.
L’article des Échos souligne l’ambition de Khalifa Sall de fédérer les « forces vives de la Nation ». Mais comment y parvenir quand les mêmes visages, usés par des décennies de politique, reviennent sans cesse sur le devant de la scène ? Les Sénégalais attendent des solutions, pas des recyclages. Les commentaires des citoyens, comme ceux relevés sur Seneweb, sont sans appel : « On ne fait pas du neuf avec du vieux ». Ces critiques, bien que dures, reflètent une lassitude légitime. Les tentatives passées d’union, comme le « bloc des libéraux et démocrates » (BLD-Takku) en 2024, n’ont pas empêché la défaite de l’opposition face à Diomaye Faye. Pourquoi cette fois serait-elle différente ?
Premièrement, l’absence de renouvellement : Khalifa Sall, Idrissa Seck et leurs pairs incarnent un système que beaucoup accusent d’avoir « pillé le pays depuis son indépendance ». Leur légitimité à représenter le changement est donc questionnable. Deuxièmement, le manque de transparence : où sont leurs propositions concrètes pour le Sénégal de demain ? Leur congrés semble plus axé sur l’affichage que sur le fond. Enfin, l’échec des précédentes coalitions : l’histoire montre que les unions de circonstance, comme celle entre Taxawu Dakar et Rewmi, n’ont pas suffi à contrer Macky Sall ou Diomaye Faye. Sans vision commune, ces rassemblements ne sont que des coquilles vides.
Ailleurs en Afrique, des oppositions ont su se renouveler pour l’emporter. Au Nigeria, l’alternance politique a été rendue possible par l’émergence de nouveaux leaders, porteurs de discours innovants. Au Sénégal, en revanche, on assistent à un recyclage des mêmes noms, comme si le pays était condamné à tourner en rond. Même le Front pour la défense de la République (FDR), invité à ce congrès, peine à se distinguer par des idées fraîches.
Je ne remets pas en cause le droit de Khalifa Sall et de ses alliés à exister politiquement. Mais leur stratégie, basée sur des alliances opportunistes et un silence médiatique assourdissant, ne peut convaincre. À l’ère d’Internet, où chaque voix compte, leur discrétion est un luxe qu’ils ne peuvent plus se permettre. Les Sénégalais méritent mieux que des promesses creuses et des recyclages politiques. L’opposition doit se réinventer, ou disparaître. Et ce congrès, aussi grand soit-il, ne changera rien à cette équation.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 07/05/2026
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