Cheikh B. Ndiaye, député et proche du camp de Ousmane Sonko, a affirmé le 21 août 2025 sur Walf qu’un « pacte secret » aurait été conclu le 15 août 2025 au King Fahd Palace entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.
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Suite de l’article : Il a cité la présence d’Ayib Daffé, Ngagne Demba Touré, Moustapha Sarre et Abass Fall, et rapporté ces mots attribués à Diomaye: « je serai ton directeur de campagne pour t’élire président. » La déclaration intervient au Sénégal, après une prise de parole récente de Bassirou Diomaye Faye.
Cette sortie médiatique a pris un ton accusatoire et polarisant dès sa diffusion, avec le député procédant à des allégations publiques ciblées. Le rythme et l’heure de l’intervention, à 21 heures, donnent l’impression d’une réponse calculée à une communication antérieure.
Le contexte politique reste tendu au sein de la coalition autour de Sonko, où des actes publics et des déclarations privées se mêlent. Cheikh Bara a de nouveau affirmé que Diomaye « veut revenir sur sa parole », et il a précisé que, selon lui, Diomaye viserait un second mandat présidentiel plutôt que de respecter l’accord présenté. Waly Diouf et Cheikh Bara apparaissent comme les principaux porte-voix de cette version au service du leader de Pastef, tandis que d’autres ministres et directeurs généraux restent discrets.
L’analyse factuelle montre plusieurs éléments à risques. La date et le lieu évoqués, l’identité précise des participants et la citation rapportée constituent des éléments vérifiables de la narration de Cheikh Bara. En revanche, l’existence d’un accord formel n’a pas été corroborée par des documents publics ni par une confirmation indépendante des autres personnes citées. Le recours au registre accusatoire dans une émission de grande audience intensifie la visibilité du conflit sans produire de preuve matérielle accessible au public.
Les arguments avancés par Cheikh Bara exposent un mécanisme fréquent en politique: la transformation d’un désaccord interne en crise publique. La divulgation de noms et de propos présumés permet d’ouvrir un front médiatique qui fragilise la cohésion du groupe. Le fait que la déclaration s’inscrive dans un calendrier électoral potentiel pour 2029 renforce l’hypothèse d’ambitions personnelles influant sur le discours collectif. Des tensions internes déjà observées dans d’autres formations politiques sénégalaises ont conduit par le passé à des ruptures, ce qui rend plausible la crainte d’une déstabilisation.
Les conséquences concrètes sont mesurables: risque d’éclatement du front politique, affaiblissement de la crédibilité publique et possible instrumentalisation d’un scandale sans preuve formelle. La présence médiatique répétée de figures comme Cheikh Bara et Waly Diouf sert à cristalliser un récit qui peut polariser les militants et diviser les responsabilités au sein de l’exécutif et de la formation politique.
Des éléments complémentaires mériteraient d’être vérifiés pour clarifier la portée réelle des accusations: prise de position officielle des personnes nommées, existence d’échanges écrits ou d’enregistrements, et calendrier interne pour la désignation d’un candidat en 2029. À l’étranger, des cas comparables ont montré que les révélations non corroborées peuvent durer des mois et amplifier des conflits internes sans nécessairement aboutir à des décisions judiciaires.
Pour l’heure, les faits retenus restent les déclarations publiques faites par Cheikh Bara Ndiaye, la date du 15 août 2025 et la liste des personnes citées lors de la réunion au King Fahd Palace. Ces éléments suffisent à alimenter un débat qui dépasse la seule querelle personnelle et pose la question de l’usage des médias pour servir des ambitions politiques plutôt que l’intérêt général. Le paysage politique sénégalais est ainsi confronté à une séquence où la frontière entre conflit interne et crise publique devient particulièrement mouvante.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Sokhna Aida D.
Mis en ligne : 10/05/2026
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