Les nominations de l’APR : Un leurre pour masquer l’échec politique - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Maimouna | Publié le 21/05/2026 12:05:00

Les nominations de l’APR : Un leurre pour masquer l’échec politique

L’article des Échos du 11 mai 2026 annonce une nouvelle nomination au sein de l’Alliance pour la République (APR) : Mamadou Djigo, ancien directeur général de l’Agence nationale de l’aménagement du territoire (ANAT), devient secrétaire national chargé de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation.

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Suite de l’article : Si cette décision s’inscrit dans une logique de renforcement du top management du parti, elle révèle surtout une stratégie de survie politique. Je ne peux m’empêcher de voir dans cette nomination, comme dans tant d’autres, une tentative désespérée de l’APR pour maintenir son influence, alors que le parti peine à reconquérir la confiance des Sénégalais après la défaite électorale de 2024.

L’APR, parti de Macky Sall, traverse une période délicate. Après 12 ans au pouvoir, marqués par des crises politiques majeures (report controversé de l’élection présidentielle, répression des manifestations, accusations de falsification des finances publiques) et une défaite historique face à Bassirou Diomaye Faye, le parti semble avoir perdu son ancrage populaire. Macky Sall, désormais candidat au poste de secrétaire général de l’ONU, continue pourtant de piloter l’APR à distance, comme s’il refusait de lâcher les rênes d’un appareil politique en pleine déliquescence.

La nomination de Mamadou Djigo s’inscrit dans une vague de redistributions de postes au sein du parti, comme si la solution aux problèmes de l’APR résidait dans des ajustements internes plutôt que dans une remise en question profonde. Pourtant, les Sénégalais attendent toujours des réponses sur le bilan mitigé de la gouvernance Sall : dette publique sous-estimée (99,67 % du PIB selon la Cour des comptes, contre 74,41 % annoncé), gestion opaque des finances, et crises sociales répétées.

Je considère que ces nominations relèvent davantage d’une logique de survie que d’une véritable volonté de renouveau. En nommant des fidèles à des postes clés, Macky Sall cherche à consolider son cercle et à donner l’illusion d’un parti dynamique. Mais cette approche est-elle suffisante pour redorer le blason de l’APR ?

Un parti en mode défensif : L’APR semble se replier sur lui-même, comme le PDS ou le PS avant lui, en devenant une affaire personnelle plutôt qu’un mouvement collectif. Les nominations successives (Seydou Gueye, Mamadou Talla, Birame Faye, etc.) montrent une volonté de contrôler toutes les instances, mais sans proposition politique innovante.

Un décalage avec les attentes populaires : Les Sénégalais, surtout les jeunes, réclament des solutions concrètes aux problèmes économiques et sociaux. Or, l’APR semble plus préoccupé par sa structuration interne que par une réflexion sur les raisons de sa défaite.

La pratique des nominations comme récompense ou moyen de contrôle n’est pas nouvelle au Sénégal. Sous Abdoulaye Wade, le PDS avait adopté la même stratégie, avant de s’effondrer face à l’usure du pouvoir. Je crains que l’APR ne répète les mêmes erreurs : un parti qui se réduit à un réseau de loyautés plutôt qu’à un projet politique perdra inévitablement son crédibilité.

Les révélations de la Cour des comptes sur la dette cachée (7 milliards de dollars) et les anomalies financières sous le régime Sall ont profondément ébranlé la confiance. Multiplier les nominations ne suffira pas à effacer ces scandales. Je pense que les Sénégalais attendent des comptes rendus, pas des communiqués de presse.

Les critiques fusent, y compris au sein de la diaspora, où des militants dénoncent un manque de dialogue et une gestion verticale. Mamadou Djigo, aussi compétent soit-il, incarne-t-il vraiment le renouveau ? Ou n’est-il qu’un maillon de plus dans une chaîne de fidélités politiques ?

Cette stratégie rappelle celle d’autres partis africains, comme le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) ou le Front populaire ivoirien (FPI), qui ont tenté de se maintenir au pouvoir par des remaniements internes plutôt que par des réformes. Dans ces cas, le résultat a souvent été le même : un affaiblissement progressif de la base militante et une perte de légitimité.

Au Sénégal, l’histoire montre que les partis qui survivent sont ceux qui savent se réinventer (comme le PS dans les années 1980) ou disparaître (comme le PDS après 2012). L’APR, en misant sur des nominations, semble choisir une troisième voie : celle de l’immobilisme déguisé.

Je reste convaincu que ces nominations, aussi stratégiques soient-elles, ne sont qu’un pansement sur une jambe de bois. L’APR a besoin de bien plus qu’un nouveau secrétaire national pour regagner la confiance des Sénégalais. Il lui faudrait un mea culpa sur les erreurs du passé, une ouverture réelle à la critique, et surtout, des propositions audacieuses pour l’avenir.

Tant que Macky Sall et son parti continueront à privilégier les jeux de pouvoir internes plutôt qu’un dialogue sincère avec la population, l’APR restera un parti du passé, incapable de se projeter dans le Sénégal de demain. La dernière nomination de Mamadou Djigo n’est qu’un épisode de plus dans cette tragédie politique : celle d’un parti qui refuse de voir que son heure a sonné.

Et vous, pensez-vous que l’APR peut encore se relever, ou cette stratégie de nominations est-elle le signe d’une fin annoncée ?

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 21/05/202
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