L’appel poignant d’Alioune Tine sur X, relayant la détresse de Bocar Samba Dièye, résonne comme un écho douloureux des promesses non tenues.
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Suite de l’article : L’homme d’affaires, spolié de milliards par la CBAO malgré des jugements en sa faveur, en est réduit à supplier le président Bassirou Diomaye Faye pour une simple écoute. Je ne peux m’empêcher de voir dans ce silence présidentiel une trahison des idéaux de justice et de transparence portés par la nouvelle gouvernance.
Depuis 18 ans, Bocar Samba Dièye, 93 ans, se bat contre la CBAO (devenue Attijari). En 2022, la justice sénégalaise a condamné la banque à lui verser 11 milliards de FCFA pour des prélèvements abusifs, dont une traite de 5,65 milliards jugée inexistante par un rapport d’expertise judiciaire. Pourtant, trois de ses immeubles, évalués à plus de 4 milliards, restent saisis, et aucune suite n’a été donnée à ses plaintes, y compris celle déposée en novembre 2024 contre le DG de la banque. Comment un État qui se veut exemplaire peut-il tolérer une telle impunité ?
Cette affaire révèle deux maux profonds :
L’inertie judiciaire : Malgré des preuves accablantes (expertises, jugements), les mécanismes de recours semblent verrouillés. La médiation étatique a échoué, et les pétitions citoyennes restent lettres mortes.
Le déséquilibre de pouvoir : Face à un « monstre financier » comme Attijari (groupe marocain), un citoyen sénégalais, aussi influent soit-il, semble désarmé. Où est la protection de l’État pour ses ressortissants ?
Un État qui promet la rupture ne peut se taire quand un aîné, symbole de l’entrepreneuriat national, est humilié. Le président Faye, élu sur un programme de justice sociale, a le devoir d’agir. Les expertises confirment que la CBAO a manipulé des écritures bancaires et pratiqué l’anatocisme (capitalisation illégale des intérêts). Ignorer ces faits, c’est valider l’arbitraire. Cette affaire rappelle d’autres scandales (comme celui de Demba Ngom, où la justice a dû désavouer un juge). Si rien ne change, la confiance dans les institutions s’effritera.
Au Ghana, des affaires similaires (comme celle de Bank of Ghana vs. Heritage Bank) ont vu l’État intervenir pour protéger les déposants. En France, le médiateur bancaire peut bloquer des saisies abusives. Pourquoi le Sénégal, sous Diomaye Faye, semble-t-il en retrait ?
Je le dis avec gravité : le silence du président Faye sur l’affaire Bocar Samba Dièye est un aveu de faiblesse. Si la rupture annoncée ne s’applique pas à ceux qui spolient les Sénégalais, à quoi bon en parler ? La balle est dans son camp : soit il agit, soit il confirme que les puissances financières restent intouchables. Et dans ce cas, que reste-t-il des promesses de 2024 ?
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 23/05/2026
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