L’après Khamenei : Un ancien adversaire pour stabiliser l'Iran ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - International | Par Eva | Publié le 23/05/2026 04:05:30

L’après Khamenei : Un ancien adversaire pour stabiliser l'Iran ?

Des informations publiées mercredi indiquent qu’Israël et les États-Unis auraient conçu un plan visant à replacer Mahmoud Ahmadinejad à la tête de l’Iran après l’élimination d’une grande partie des dirigeants en poste.

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Le projet serait né après des frappes fin février ayant tué le Guide suprême Ali Khamenei et d’autres hauts responsables, et aurait impliqué des tentatives d’exfiltration depuis Téhéran.

Donald Trump avait déclaré vouloir être « impliqué » dans le choix du successeur et privilégiait un candidat issu de l’intérieur du pays plutôt qu’une figure en exil comme Reza Pahlavi. L’idée de revenir à un ancien président, Mahmoud Ahmadinejad, a surpris à la fois par sa logique politique et par ses contradictions, d’autant que l’ex-président a été blessé lors d’une frappe contre son domicile dans le quartier de Narmak, à l’est de Téhéran, et que son état et sa localisation restent incertains.

Ce scénario intervient alors que la rivalité entre factions iraniennes s’est accentuée et que des tentatives de changement de régime ont été envisagées en parallèle d’opérations militaires extérieures.

Les faits exposent une série de paradoxes. Ahmadinejad, président de 2005 à 2013, est réputé pour ses positions virulentes contre Israël et les États-Unis, son soutien au programme nucléaire iranien et sa répression de la dissidence après la présidentielle contestée de 2009. Sa réélection de 2009 avait déclenché le Mouvement vert, réprimé par les Gardiens de la révolution et les milices Bassidji. Plus tard il a été disqualifié des scrutins de 2017, 2021 et 2024 et placé sous surveillance, ce qui a fait de lui un élément potentiellement déstabilisateur aux yeux du régime.

Le choix proposé par des acteurs extérieurs illustre une stratégie qui mise sur d’anciens ennemis pour atteindre des objectifs de stabilité apparente. Comparé à l’opération américaine visant la capture de Nicolás Maduro au Venezuela, ce projet témoigne d’une volonté de reproduire un modèle de pression internationale et d’ingénierie politique qui a déjà suscité des doutes quant à sa viabilité. Il s’oppose aussi à la préférence déclarée pour un dirigeant intérieur plutôt qu’un exilé, soulignant la contradiction entre discours et pratiques.

Plusieurs risques documentés émergent de la juxtaposition de ces éléments. D’abord, la collaboration supposée avec une figure au passé belliqueux pourrait alimenter la colère régionale et renforcer le narratif de légitimité du régime iranien face à une ingérence étrangère. Ensuite, la mise en scène d’exfiltrations et d’opérations menées dans la capitale, avec des pertes collatérales — gardes du corps d’Ahmadinejad tués lors d’une frappe — attise le ressentiment interne et complique la stabilisation post-conflit. Enfin, la présence d’acteurs sceptiques au sein des équipes américaines et israéliennes révèle le doute quant à la capacité d’une telle manœuvre à produire l’ordre voulu sans provoquer une escalade.

Des éléments concrets renforcent cette analyse: la promotion d’un dirigeant associé à des discours tels que celui de 2005 où il qualifiait l’État hébreu de « régime d’occupation qui devait disparaître de la page du temps », son rôle dans l’accélération de l’enrichissement d’uranium, et ses liens présumés avec des interlocuteurs étrangers, dont des voyages récents en Hongrie. Ces faits montrent que la gratuité d’une opération secrète ne garantit ni la stabilité ni l’apaisement.

En bout de course, la mise en avant d’Ahmadinejad par des puissances prétendant favoriser la stabilité traduit un désaccord profond entre objectifs affichés et méthodes employées. Les choix examinés exposent la région à un mélange explosif de ressentiment national, d’instrumentalisation politique et de risques militaires, ce qui rend toute promesse de retour à l’ordre encore plus fragile.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 23/05/2026

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