Les autorités iraniennes ont organisé à Téhéran des mariages collectifs sur plusieurs grandes places de la capitale, réunissant des centaines de couples inscrits au programme d’État dit de « sacrifice de soi » (janfada).
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Suite de l’article : Les cérémonies, retransmises par la télévision d’État, interviennent après des bombardements déclenchés le 28 février et malgré des menaces de frappes du président américain Donald Trump. Des images montrent des jeeps équipées de mitrailleuses et un portrait du guide suprême.
Les autorités affirment que des millions de volontaires se sont inscrits au programme, en citant parmi eux le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le président Massoud Pezeshkian.
Les éléments factuels rassemblés lors de ces cérémonies dessinent un dispositif organisé. Sur la place Imam Hossein, l’agence Mehr a recensé 110 couples, selon les images de l’AFP des jeeps militaires ont amené des mariés sur le lieu, et un responsable religieux a présidé la cérémonie. L’argument officiel associe mariage et devoir national: les jeunes signent un engagement à « risquer leur vie », qui inclut des missions comme la constitution de chaînes humaines devant des centrales électriques. La télévision d’État a diffusé les images en direct pour soutenir le moral de la population pendant le conflit.
L’analyse des procédés visuels et rituels met en évidence la conjonction d’éléments religieux et militaires. Un immense portrait du guide suprême a dominé le décor, la date choisie coïncidait avec l’anniversaire du mariage de l’imam Ali et de Fatima, et des symboles guerriers — jeeps, mitrailleuses, tenues militaires — étaient présents. Une participante a déclaré: « Le pays est en guerre, mais les jeunes ont aussi le droit de se marier », tandis qu’un jeune marié a affirmé: « Nous avons reçu leur bénédiction ! ». Ces témoignages illustrent la manière dont l’événement mêle foi, citoyenneté et acceptation du risque.
Les arguments factuels contre ce dispositif reposent sur plusieurs constats vérifiables. Premièrement, le programme demande un engagement explicite à s’exposer au danger, ce qui transforme des unions civiles en actes publics de mobilisation. Deuxièmement, la mise en scène médiatique et la présence d’élus créent une validation institutionnelle de ce choix individuel. Troisièmement, la répétition quasi quotidienne de vastes rassemblements pro-gouvernement montre la continuité d’une stratégie de mobilisation de masse pendant le conflit.
Le procédé peut être rapproché d’une parade militaire pour ses aspects de mise en scène et d’une commémoration religieuse par la coïncidence des dates et des symboles. Ces comparaisons aident à situer le rituel: il n’est pas seulement intime, il est encadré par des codes publics qui valorisent le sacrifice. Les risques concrets apparaissent dans la nature des engagements demandés: intervenir devant des infrastructures sensibles expose des civils à des accidents, à des blessures et à la mort, alors que l’État met en scène ces risques comme acte d’héroïsme.
Les données disponibles montrent une stratégie mêlant communication, symbolique religieuse et capacités militaires pour encourager l’adhésion de jeunes mariés à un destin risqué. La répétition des rassemblements, la diffusion télévisée et l’implication de responsables publics constituent des éléments documentés qui permettent d’évaluer le fonctionnement de cette opération politique.
La conclusion factuelle reste que ces mariages collectifs ont été utilisés comme instrument de mobilisation: ils associent engagement personnel à des images d’État, religieux et militaires, et présentent le risque extrême comme un devoir valorisé publiquement. Les chiffres, les images et les déclarations rassemblées soulignent la portée et la cohérence d’une opération qui transforme des unions privées en performances publiques au service d’objectifs politiques.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 22/05/2026
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