Maodo Malick Mbaye, ancien directeur général de l’Agence nationale de la maison de l’outil (Anamo), a comparu le 13 mai 2026 devant le juge du deuxième cabinet d’instruction du Pool judiciaire financier à Dakar.
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Suite de l’article : Il est mis en examen pour association de malfaiteurs, escroquerie, détournement présumé de plus de 619 millions FCFA, faux et blanchiment, après 9 mois et 20 jours de détention provisoire. Il a été détenu à Rebeuss puis au Pavillon spécial.
L’audition intervient après une longue attente de la défense, qui dénonce l’absence de confrontation sur le fond et souligne l’absence de rapport officiel des corps de contrôle de l’État mettant en cause leur client. La genèse des poursuites repose sur une plainte de son successeur à la tête de l’Anamo et sur un rapport produit par un cabinet privé.
Le recours à un audit privé comme pièce maîtresse du dossier soulève plusieurs questions factuelles et procédurales. Aucun rapport d’un organe de contrôle administratif ou financier public n’aurait, selon les éléments connus, directement épinglé Maodo Malick Mbaye. La plainte déposée par le successeur et l’appui d’un cabinet privé expliquent pourquoi la défense parle d’un dossier bâti hors des circuits habituels de vérification étatique. Le timing ajoute une difficulté: le prévenu avait quitté ses fonctions en juin 2024, alors que le rapport privé à l’origine des poursuites aurait été établi ultérieurement.
Les conséquences procédurales sont concrètes. La défense a saisi le juge d’instruction pour accélérer l’audition au fond. Me Oumar Youm a déclaré: « Son dossier est entre les mains du juge d’instruction, qui doit programmer son audition. » Une ordonnance de mise en liberté provisoire obtenue le 31 décembre 2025 a été infirmée en appel, prolongeant la détention malgré le contrôle judiciaire prononcé initialement. Ces dates et décisions judiciaires témoignent d’une procédure longue et d’un conflit entre mesures juridictionnelles.
Sur le plan des preuves, le recours à un cabinet privé pose des risques objectifs: possibles conflits d’intérêts, absence de transmission claire des pièces aux organes de contrôle publics, et difficultés de vérification indépendante des constats. Des questions sur la chaîne de conservation des documents et sur l’accès du mis en cause au contradictoire ont été soulevées par ses avocats. Comparé à des dossiers où des contrôles officiels ont servi de base, celui-ci dépend largement d’éléments externes à l’administration, ce qui peut fragiliser la solidité probatoire en phase d’instruction. Comparé encore à des pratiques recommandées par les normes internationales de transparence, l’absence d’un rapport institutionnel central réduit la lisibilité du dossier.
La dimension médicale ajoute un autre paramètre de fait. Plusieurs expertises ont conclu à une incompatibilité de l’état clinique avec le milieu carcéral. Le Dr Pape Samba E. Agne, pneumologue-allergologue urgentiste désigné par l’Ordre des médecins du Sénégal, a recommandé une prise en charge ambulatoire pluridisciplinaire. Les rapports médicaux mentionnent une apnée sévère du sommeil, une neuropathie, une ostéonécrose des têtes fémorales et un adénome prostatique. Le médecin militaire chargé de l’administration pénitentiaire et le Pavillon spécial ont également signalé des limites de prise en charge.
Les éléments factuels rassemblés montrent une procédure marquée par des tensions entre preuves issues d’un cabinet privé et l’absence de rapports officiels, une détention prolongée malgré une décision de remise en liberté, et des avis médicaux pointant une prise en charge inadéquate en milieu carcéral. L’audition prévue le 13 mai 2026 constituera un moment-clé pour vérifier la consistance des pièces versées au dossier et pour permettre au juge d’évaluer si les preuves issues de l’audit privé résistent à l’examen contradictoire, tout en prenant en compte l’état de santé du prévenu.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Fallou B.
Mis en ligne : 17/05/2026
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