Mali : La lutte contre le terrorisme sous le nuage des exécutions - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Maimouna | Publié le 16/05/2026 04:05:30

Mali : La lutte contre le terrorisme sous le nuage des exécutions

Je ne peux rester indifférent face aux dernières déclarations de l’ONU concernant les exécutions extrajudiciaires au Mali.

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Suite de l’article : L’article de TV5Monde du 5 mai 2026, qui relate la « grave préoccupation » des Nations unies, met en lumière une réalité glaçante : celle d’un État qui, sous couvert de lutte antiterroriste, semble avoir normalisé les violations des droits humains. Si les autorités maliennes contestent ces accusations, la répétition des rapports onusiens et des témoignages depuis plusieurs années rend leur déni de moins en moins crédible.

Le Mali traverse une crise sécuritaire sans précédent, marquée par la présence de groupes jihadistes et une instabilité politique chronique. Depuis le coup d’État de 2020, la junte au pouvoir, dirigée par le général Assimi Goïta, a suspendu les élections et restreint les libertés fondamentales, justifiant ces mesures par la nécessité de « pacifier le pays ».

Pourtant, cette logique sécuritaire à outrance a un coût : celui de la confiance des populations. Les opérations militaires, souvent menées avec l’appui de groupes paramilitaires russes comme Wagner, sont régulièrement accusées d’exactions contre des civils, notamment des exécutions sommaires et des disparitions forcées. En avril 2025, par exemple, des dizaines de corps ont été retrouvés près du camp militaire de Kwala, après l’arrestation de civils, majoritairement issus de la communauté peule.

L’ONU ne se contente pas de dénoncer des faits isolés. Ses rapports soulignent une tendance systémique : entre avril et juin 2025, 126 violations des droits humains, dont 94 exécutions extrajudiciaires, ont été documentées et attribuées aux forces maliennes. Pire, ces crimes sont rarement suivis d’enquêtes indépendantes ou de sanctions. Les autorités maliennes qualifient souvent ces allégations de « fake news » ou de « diffamation », comme en février 2025, où l’État-major a nié les exécutions de Dioura, malgré les preuves accablantes. Cette attitude révèle une stratégie de déni qui protège les auteurs de ces violations et encourage leur répétition.

La comparaison avec d’autres contextes, comme le Burkina Faso ou le Niger, est édifiante. Dans ces pays, les armées nationales, confrontées à des défis similaires, sont également accusées d’exactions. Pourtant, au Mali, l’ampleur des violations et l’absence de réponse judiciaire distinguent le pays. L’ONU a même évoqué des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité si ces actes s’inscrivaient dans une politique généralisée. Une qualification qui devrait alarmer la communauté internationale, mais qui semble tomber dans l’indifférence.

Premièrement, l’impunité affaiblit la légitimité de l’État. En refusant de rendre des comptes, les autorités maliennes alimentent un sentiment d’injustice chez les populations, ce qui peut pousser certaines à rejoindre les rangs des groupes armés. Deuxièmement, la crédibilité de la lutte antiterroriste est en jeu. Comment convaincre les Maliens de soutenir leurs forces armées si celles-ci sont perçues comme aussi dangereuses que les jihadistes ? Enfin, l’ONU a un rôle à jouer. Ses déclarations, bien que nécessaires, ne suffisent plus. Il est temps d’exiger des sanctions ciblées contre les responsables et un accès sans restriction aux zones concernées pour mener des enquêtes indépendantes.

La position de l’ONU face aux exécutions extrajudiciaires au Mali révèle un problème bien plus profond que de simples faits isolés : celui d’une impunité institutionnalisée. Tant que les auteurs de ces crimes ne seront pas traduits en justice, la confiance entre l’État et les populations continuera de se dégrader, et le cycle de la violence persistera. Je ne peux que souscrire à l’appel des experts onusiens : il est urgent d’agir, non seulement pour les victimes, mais aussi pour l’avenir du Mali. Sans justice, il n’y aura pas de paix durable.

Et vous, pensez-vous que la communauté internationale devrait aller plus loin que de simples déclarations pour mettre fin à ces exactions ?

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 16/05/202
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