Sénégal–France : Une solidarité qui cache une dépendance persistante - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Economie | Par Emmanuel | Publié le 01/06/2026 12:06:00

Sénégal–France : Une solidarité qui cache une dépendance persistante

Un article récent révèle une promesse rassurante d’Emmanuel Macron au président Diomaye Faye : « La France ne laisserait pas tomber le Sénégal ».

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Suite de l’article : Pourtant, je ne peux m’empêcher d’y voir, derrière cette déclaration généreuse, les chaînes d’une dépendance économique qui étouffe progressivement notre autonomie. Si la solidarité est louable, elle ne doit pas masquer les risques d’une relation déséquilibrée.

Depuis deux ans, le Sénégal se débat avec une dette cachée héritée, une bombe à retardement qui menace sa stabilité financière. Les autorités tentent d’éviter le défaut en puisant dans les marchés régionaux, mais ces solutions ne sont que des pansements sur une jambe de bois. Dans ce contexte, la France, ancienne puissance coloniale, se présente en sauveur. Pourtant, l’histoire nous a appris que l’aide internationale, surtout lorsqu’elle émane d’un partenaire aussi influent, s’accompagne souvent de conditions implicites.

La promesse de Macron à Nairobi n’est pas anodine. Elle intervient dans un cadre où le Sénégal, asphyxié par sa dette, voit ses marges de manœuvre se réduire comme une peau de chagrin. Je crains que cette « solidarité » ne soit qu’un moyen de maintenir une emprise économique et politique, sous couvert de coopération.

Les pays africains ont trop souvent payé le prix de partenariats où l’équilibre des forces penchait systématiquement en faveur de l’ancien colonisateur. Le Sénégal, malgré sa volonté d’émancipation, reste prisonnier d’un système où la stabilité se négocie au prix de la souveraineté.

Premièrement, la dette est un levier de pression. Les créanciers, qu’ils soient multilatéraux ou bilatéraux, imposent souvent des réformes structurelles qui, bien que nécessaires, limitent la capacité des États à définir leurs propres priorités. Deuxièmement, la France a un historique ambigu en Afrique. Son interventionnisme, déguisé en partenariat, a souvent servi ses intérêts géostratégiques plutôt que ceux des pays africains. Enfin, les alternatives existent : des pays comme l’Éthiopie ou le Rwanda ont su diversifier leurs partenariats pour réduire leur dépendance. Pourquoi le Sénégal ne pourrait-il pas en faire autant ?

Regardons l’exemple du Ghana, qui a récemment renégocié sa dette avec le FMI tout en cherchant des investissements hors d’Europe. Ou encore la Tunisie, qui, malgré ses crises, tente de s’appuyer sur des alliances sud-sud. Ces cas montrent qu’il est possible de trouver un équilibre entre stabilité et autonomie. Le Sénégal, lui, semble encore hésiter à sortir du giron français, par crainte de perdre des appuis « sécurisants ».

Je ne nie pas l’importance de la coopération internationale, surtout dans un contexte régional instable. Mais je refuse de croire que le Sénégal n’a d’autre choix que de s’en remettre à la France. La promesse de Macron, aussi rassurante soit-elle, ne doit pas devenir une camisole de force. Il est temps de repenser nos alliances pour qu’elles soient véritablement équilibrées, et non un héritage colonial déguisé. La souveraineté ne se mendie pas, elle se construit.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 01/06/202
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