La justice a récemment levé l’interdiction faite à Mame Walo de faire apparaître sa fille de 13 ans lors de ses lives sur les réseaux sociaux, selon la décision du juge.
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Suite de l’article : Le magistrat a toutefois imposé des limites strictes: la mineure ne doit pas porter de tenues jugées vulgaires ni tenir de propos indécents, et sa participation est limitée aux activités considérées normales pour son âge, y compris certaines promotions.
La procédure visait à encadrer l’exposition de la mineure afin de protéger son intégrité morale et psychologique, après les premières inquiétudes soulevées par sa présence en ligne.
La levée conditionnelle de l’interdiction pose des questions factuelles sur la commercialisation des enfants via les plateformes numériques. D’un côté, les contenus diffusés en direct permettent des interactions instantanées, des ventes en temps réel et des partenariats rémunérés; de l’autre, les protections légales appliquées aux médias traditionnels restent souvent inadaptées face aux dynamiques des réseaux sociaux. Le juge a choisi une solution hybride: autoriser une présence limitée tout en interdisant certains comportements visibles.
Les mécanismes qui rendent cette présence problématique sont concrets. Les algorithmes favorisent l’engagement, ce qui récompense les vidéos où la jeune personne apparaît fréquemment; les formats sponsorisés peuvent transformer une présence familiale en message publicitaire; la pression des vues et des commentaires crée un environnement où la valeur commerciale prime sur le bien-être de l’enfant. Dans plusieurs pays, la Convention relative aux droits de l’enfant inscrit « l’intérêt supérieur de l’enfant » comme principe central, et des législations nationales exigent un encadrement spécifique pour la participation des mineurs aux activités médiatiques et commerciales.
Les arguments factuels contre l’autorisation restent nombreux. La présence d’un mineur dans des contenus promotionnels banalise l’utilisation commerciale des enfants en les rendant parties prenantes d’un dispositif marchand sans garanties adaptées. Les règles demandées par le juge, limitées à l’évocation de tenues et de propos, ne couvrent pas l’ensemble des risques: exploitation implicite par des partenariats cachés, collecte de données personnelles, et impact psychologique liés à la notoriété précoce. Les cas documentés de jeunes exposés sur internet montrent des conséquences variées, allant de la mise à l’écart sociale à l’atteinte à la vie privée.
Comparer la diffusion en direct sur les réseaux à la publicité télévisée met en évidence une différence de contrôle: la publicité télévisée obéit à des normes bien établies et à des autorités de régulation, tandis que les lives évoluent souvent hors de ces cadres. Autre comparaison: la présence d’un enfant dans un simple clip familial n’équivaut pas à sa participation systématique à des opérations promotionnelles conçues pour générer des ventes et des revenus.
Des éléments de recherche apportent des précisions utiles. Plusieurs rapports d’organisations de protection de l’enfance alertent sur l’absence de règles uniformes pour le marketing d’influence impliquant des mineurs. Des juridictions ont commencé à exiger des contrats clairs, des comptes séquestres pour les revenus et la présence d’un représentant légal veillant au consentement éclairé de l’enfant; ces dispositifs restent cependant rares et souvent inapplicables aux contenus diffusés en direct.
La décision judiciaire concernant Mame Walo illustre un dilemme concret: permettre une visibilité contrôlée tout en laissant subsister des zones grises où la logique commerciale peut s’immiscer dans la vie d’une adolescente. Autoriser la participation de la mineure aux promotions, même sous conditions, risque d’ouvrir la voie à une normalisation de l’exposition précoce sans garanties protectrices réellement opérationnelles. La question reste ouverte: comment concilier la liberté d’expression et la protection effective d’un mineur face à des mécanismes de monétisation rapides et puissants?
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Awa F.
Mis en ligne : 26/05/2026
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