Je ne peux m’empêcher de m’interroger, avec une pointe d’amertume, sur les révélations tardives d’Ousmane Sonko concernant le fameux « protocole de Cap Manuel ».
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Suite de l’article : L’ancien Premier ministre affirme, serment à l’appui, qu’un accord politique secret aurait scellé, en prison, son alliance avec Bassirou Diomaye Faye avant l’élection présidentielle de 2024. Un pacte qui, selon lui, prévoyait une transition politique jusqu’en 2029, avec un rôle clé pour chacun. Mais voici ce qui me dérange : pourquoi attendre d’être limogé, en pleine rupture avec le président, pour en parler publiquement ?
Le contexte est connu : le Sénégal traversait une crise politique majeure en 2024, marquée par des tensions autour du report de l’élection présidentielle. Sonko, alors emprisonné, présente ce protocole comme la pierre angulaire de leur collaboration. Il décrit des discussions en cellule, des promesses échangées, et même un serment devant Dieu. Pourtant, pendant plus de deux ans, les Sénégalais n’en ont jamais entendu parler. Pas un mot, pas une allusion, pas la moindre transparence. Comment un engagement aussi déterminant pour l’avenir du pays a-t-il pu rester dans l’ombre jusqu’à ce que la confiance soit brisée ?
L’analyse de ses déclarations soulève des questions troublantes. Sonko affirme avoir voulu officialiser cet accord par des témoins, mais que Diomaye Faye aurait refusé, invoquant une confiance absolue. « S’il devait un jour me trahir, il penserait à son fils qui porte mon nom », aurait-il déclaré. Une phrase poétique, sans doute, mais qui sonne comme une excuse bien commode pour justifier l’absence de preuve écrite. Dans un pays où la transparence est souvent brandie comme une valeur cardinal, comment accepter qu’un accord aussi crucial repose sur des paroles et des serments, sans trace tangible ?
Et puis, il y a cette échéance de 2029, cœur du différend. Sonko affirme avoir clairement évoqué cette date avec Diomaye Faye, qui aurait promis de devenir son directeur de campagne. Mais là encore, pourquoi ces détails n’ont-ils été révélés qu’aujourd’hui, alors que le conflit est consommé ? La réponse est évidente : parce que cela arrange Sonko. En révélant ce protocole maintenant, il ne cherche pas à éclairer les Sénégalais, mais à discréditer un président qui l’a écarté du pouvoir. C’est une stratégie politique, pas un acte de transparence.
Comparons cette situation à d’autres contextes. En France, les accords entre partis politiques sont souvent rendus publics, même s’ils sont controversés. Aux États-Unis, les primaires et les alliances sont négociées en pleine lumière. Au Sénégal, en revanche, on semble préférer les pactes secrets, révélés seulement lorsqu’ils deviennent une arme contre un adversaire. Cela rappelle les pratiques des années 2000, où les alliances se faisaient dans l’ombre, au mépris des citoyens.
Je ne nie pas que des discussions aient pu avoir lieu. Mais je refuse de croire que la vérité, surtout lorsqu’elle concerne l’avenir d’un pays, puisse être monnayée au gré des conflits personnels. Si ce protocole était si important, pourquoi ne pas l’avoir révélé dès le départ, au nom de la transparence et de la confiance envers les électeurs ? La réponse est simple : parce que cela n’aurait pas servi les intérêts de Sonko à l’époque. Aujourd’hui, en revanche, c’est une carte maîtresse pour semer le doute et affaiblir Diomaye Faye.
En définitif, je ne peux m’empêcher de voir dans ces révélations une manœuvre politique plus qu’un acte de sincérité. Comment oser parler de transparence quand on cache la vérité jusqu’à ce qu’elle devienne utile ? Le Sénégal mérite mieux que des vérités à géométrie variable, révélées seulement lorsqu’elles arrangent ceux qui les détiennent. La crédibilité d’un homme politique se mesure aussi à sa capacité à assumer ses engagements en pleine lumière, pas dans l’ombre des cellules ou des conflits personnels.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 07/06/2026
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