Gouvernance en panne à l'Un-Chk : L'avenir des diplômes menacé - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Education | Par Maimouna | Publié le 14/06/2026 08:06:00

Gouvernance en panne à l'Un-Chk : L'avenir des diplômes menacé

La section locale du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes), représentée par son coordonnateur Mouhamadou Lamine Sarr, a tenu un point de presse lundi à Dakar pour alerter sur la crise à l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (Un-Chk).

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Suite de l’article : Selon les responsables syndicaux, l’établissement connaît un déficit d’infrastructures, des contraintes budgétaires, des problèmes de connectivité et des dysfonctionnements de gouvernance qui bloquent la rentrée 2025-2026. Le Saes évoque plus de 60 000 étudiants affectés.

Le syndicat précise que, à huit semaines des vacances académiques, l’année universitaire 2025-2026 n’a pas effectivement démarré et que des étudiants orientés depuis octobre 2025 attendent toujours le début des enseignements. Les responsables signalent aussi la rareté des réunions des instances académiques, l’arrêt sans concertation de plusieurs contrats de travail et un manque de transparence dans certains recrutements administratifs.

Le tableau dressé par le Saes décrit des causes multiples et convergentes: insuffisance d’infrastructures techniques face à un effectif massif, moyens financiers exprimés comme insuffisants pour assurer les plateformes numériques, et gouvernance paralysée par des dysfonctionnements institutionnels. Le retard de plusieurs mois sur la rentrée se traduit par des calendriers pédagogiques retardés, des examens reportés et une incertitude sur l’obtention des diplômes pour l’année en cours.

Les impacts relevés par le syndicat sont présentés en termes concrets. Le manque d’enseignement expose 60 000 étudiants à un préjudice éducatif mesurable par la perte d’heures de cours et par l’interruption des parcours de formation déjà engagés. Le Saes alerte parallèlement sur un risque psychologique: la persistance de l’incertitude et la suspension des activités pédagogiques pèsent sur la motivation, la santé mentale et la capacité des étudiants à poursuivre leurs études dans de bonnes conditions.

La gouvernance est pointée comme éludant ses responsabilités opérationnelles et décisionnelles. Les organes censés trancher et planifier se réunissent peu, selon les syndicats, et les décisions majeures comme les recrutements et les contrats sont annoncées sans concertation, ce qui alimente le climat social dégradé observé depuis seize mois. Le Saes appelle l’État et le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation à intervenir, sans recevoir à ce jour de calendrier précis ni d’engagement public détaillé.

Sur le plan comparatif, le retard place l’Un-Chk loin d’une rentrée universitaire normale où les cours débutent selon un calendrier établi, et rappelle des situations déjà observées dans d’autres établissements confrontés à des ruptures prolongées de continuité pédagogique. Les sacrifices consentis par les enseignants, le personnel administratif et les étudiants sont reconnus par le syndicat comme ayant permis des résultats antérieurs et le positionnement de l’université comme acteur majeur du numérique au Sénégal, mais ces acquis semblent fragilisés.

Le Saes maintient ses appels à la mobilisation et n’exclut pas d’autres formes d’action si aucune réponse concrète n’est apportée. Entre l’absence d’un calendrier de rattrapage et le déficit de soutien institutionnel, la situation laisse 60 000 étudiants dans une attente lourde de conséquences éducatives et psychologiques, tandis que les questions de gouvernance restent sans résolution publique claire.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Pierre Gomis.
Mis en ligne : 14/06/2026

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