Manque d'infrastructures : Le collège de Ngandiouf à bout - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Education | Par Maimouna | Publié le 30/06/2026 09:06:00

Manque d'infrastructures : Le collège de Ngandiouf à bout

Ndiaga Guèye, principal du Collège d’enseignement moyen (Cem) de Ngandiouf, département de Tivaouane, signale que, cette année scolaire, l’établissement souffre d’un fort enclavement et d’un déficit d’infrastructures entraînant des transferts d’élèves vers Ndande et Kébémer et des abandons.

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Suite de l’article : Le Cem dessert plus d’une quinzaine de villages; les élèves parcourent entre 2 et 4 kilomètres; l’accès principal est une route latéritique suivie de pistes sablonneuses.

J’observe que ces éléments constituent des indicateurs concrets d’une faible priorisation éducative locale, visibles dans l’absence d’un bloc administratif digne de ce nom et dans la persistance de difficultés d’accès malgré des appuis limités.

Le collège, seul établissement public de la commune, accueille aujourd’hui 205 élèves répartis en 7 classes physiques, dont 115 filles. Parmi presque 200 élèves inscrits en sixième, plus d’une centaine ont été transférés cette année faute de familles d’accueil ou de tuteurs à Ngandiouf; d’autres, qui ne peuvent être transférés, abandonnent l’école selon le principal.

L’analyse des faits met en relief un mécanisme simple et mesurable: l’éloignement et l’insuffisance des infrastructures rendent l’offre éducative impraticable pour de nombreuses familles. Des villages les plus proches à un kilomètre aux plus éloignés, la nécessité de marcher plusieurs kilomètres sur des pistes sablonneuses transforme la scolarité en contrainte matérielle lourde. Le conseil départemental de Tivaouane a fourni deux salles de classe, un bloc d’hygiène, des tables-bancs et une imprimante, mesures tangibles mais partielles. Le collège fonctionne toujours sans bloc administratif; un abri provisoire sert de bureau, de salle des professeurs et de magasin, ce qui illustre l’inachèvement des conditions de gestion scolaire.

Les chiffres scolaires confirment un paradoxe: la déperdition et la baisse d’attractivité coexistent avec des performances en nette progression au Brevet de fin d’études moyennes. Le taux de réussite est passé de 40 % en 2023 à 79 % en 2024 puis à 85,71 % en 2025, ce qui traduit l’engagement du corps enseignant et la résilience des élèves. J’observe que ces succès surviennent malgré l’environnement matériel dégradé, non grâce à une stratégie locale d’investissement systémique.

Trois arguments factuels justifient la lecture selon laquelle les autorités locales n’ont pas fait de l’éducation une priorité: l’absence d’infrastructures administratives et d’une voie d’accès stabilisée; la perte effective d’élèves par transferts massifs et abandons; l’intervention limitée à des apports ponctuels sans plan d’ensemble pour la desserte et la pérennisation des structures. Le principal lui-même désigne l’enclavement comme cause majeure de déperdition scolaire.

Des éléments complémentaires renforcent ce constat: la polarisation du collège sur plus d’une quinzaine de villages crée un bassin d’élèves dépendant d’un accès routier minimal; la prise en charge partielle des effectifs par les deux nouvelles salles atténue, sans résoudre, le déficit structurel. Les actions menées ont amélioré les conditions de travail, mais elles restent insuffisantes face aux obstacles logistiques et sociaux identifiés.

Les faits accumulés distances quotidiennes, transferts massifs, locaux provisoires, appuis limités dessinent un tableau net: la réponse institutionnelle s’est limitée à des mesures matérielles ponctuelles là où une stratégie de priorisation éducative aurait exigé des investissements sur l’accès, l’administration et la mobilisation des familles. Les résultats scolaires honorables montrent le potentiel local; les conditions d’accueil et d’accès prouvent que ce potentiel reste menacé par des choix publics qui n’ont pas changé la donne.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Pape Diakhaté.
Mis en ligne : 30/06/2026

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