Je m’appelle Awa. Si je décide de parler aujourd’hui, ce n’est pas pour qu’on me plaigne, mais parce que tout ce que j’ai vécu m’a dépassée. Mon histoire commence ici, à Dakar, dans un amour que je croyais sincère, mais qui m’a peu à peu transformée en quelqu’un d’autre.
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Suite de l’article : Mon mari s’appelle Mamadou. Au début, je l’aimais profondément. Mais j’avais vite compris qu’il avait des préférences très marquées, des idées sur le physique des femmes, des comparaisons qui me faisaient mal sans qu’il ne s’en rende compte. J’avais peur de le perdre. Et cette peur a fini par prendre toute la place dans ma vie.
Petit à petit, j’ai commencé à vouloir changer pour lui plaire. Jusqu’à aller trop loin. J’ai essayé de modifier mon apparence, de m’éloigner de mon identité, comme si je pouvais devenir une autre personne juste pour garder mon mariage debout. Je pensais que c’était de l’amour. En réalité, c’était une perte de moi-même.
Le jour où Mamadou a découvert ce que j’avais fait, tout a changé. Son regard s’est durci. Il ne me voyait plus comme sa femme, mais comme une erreur. Les mots ont été durs, humiliants. Et après ça, notre maison n’a plus jamais été la même.
Mais le pire n’était pas encore arrivé. Il y avait notre fille, Aïssatou. Une petite fille née avec une déficience visuelle. Elle ne voit pas. Mais pour moi, elle est ma force, mon courage, ma raison de tenir debout.
Mamadou, lui, n’a jamais vraiment accepté cette situation. Peu à peu, il s’est éloigné d’elle, puis de moi. Jusqu’au jour où il a décidé de me retirer Aïssatou. Il disait que je n’étais pas stable, que je n’étais plus capable de m’occuper d’elle.
Sa famille l’a soutenu. Moi, je me suis retrouvée seule, dans un silence lourd, avec seulement les souvenirs de ma fille pour survivre.
Pendant des mois, j’ai cherché Aïssatou. J’ai demandé autour de moi, j’ai insisté, parfois sans réponse. J’avais l’impression de disparaître petit à petit.
Puis un jour, j’ai appris qu’elle était dans un centre spécialisé, tenu à l’écart, presque cachée. J’ai fait tout mon possible pour obtenir le droit de la voir. J’ai supplié. J’ai attendu. Et finalement, on m’a accordé quelques minutes.
Quand je suis entrée dans la pièce, j’ai senti mon cœur se briser et renaître en même temps. Six mois sans elle. Six mois de vide.
Elle était là, assise, plus grande, silencieuse. Ses yeux étaient bandés. Mais elle a tourné la tête vers moi comme si elle m’avait reconnue avant même que je parle.
Je me suis approchée doucement. Elle a tendu ses petites mains. Quand je l’ai prise dans mes bras, elle a touché mon visage, lentement, comme si elle essayait de me redessiner avec ses doigts.
Puis elle a murmuré : « Mama… »
À ce moment-là, j’ai compris que malgré mes erreurs, malgré les jugements, il restait quelque chose que personne ne pouvait détruire : le lien entre une mère et sa fille.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 19/06/2026
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