Le 24 juin, Me Patrice Kabou, avocat de la société espagnole AEE Power EPC, a déposé une plainte contre le député Thierno Alassane Sall à Dakar.
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Suite de l’article : La plainte vise des faits présumés de diffusion de fausses nouvelles, diffamation et collecte frauduleuse de documents bancaires, à la suite des accusations publiques du député concernant un prétendu détournement de 37 milliards de francs CFA lié au contrat d’électrification rurale de l’ASER.
J’indique d’emblée que Thierno Alassane Sall avait présenté, le 11 juin, des relevés bancaires qu’il attribuait à la justice espagnole et qui montreraient la disparition d’environ 30 milliards de francs CFA en 48 jours sur le compte d’AEE Power. Le camp de l’entreprise et l’actuelle direction de l’ASER, dirigée par Jean-Michèle Sène, ont rejeté ces allégations et invité à un débat public resté sans suite. Le Parquet financier instruit une enquête depuis octobre 2025 sur le contrat de 91,8 milliards destiné à électrifier plus de 1 600 villages.
Le contexte judiciaire et politique alimente la portée de la plainte. Des documents internes, notamment une lettre datée du 13 mai 2024 attribuée à l’ancien directeur général de l’ASER, Baba Diallo, ont refait surface, demandant la suspension d’un paiement d’avance à AEE Power. Les auditions à la Section de recherches et les dépôts de pièces devant l’opinion publique structurent désormais le dossier.
J’observe que la dénonciation publique, même contestée, a provoqué au moins trois effets mesurables sur la transparence du dossier : une relance de l’instruction judiciaire, un resserrement des échanges documentaires entre autorités nationales et partenaires étrangers, et une pression accrue pour des éclaircissements publics sur l’exécution du contrat. Ces éléments constituent des faits vérifiables qui alimentent le débat sur la responsabilité des acteurs publics et privés impliqués dans des marchés d’infrastructure.
L’argument central qui se dégage des éléments disponibles repose sur la fonction de contrôle démocratique exercée par un parlementaire. La mise en lumière d’irrégularités alléguées a conduit à la saisine effective des autorités judiciaires compétentes et à la mise en transparence de pièces administratives et bancaires. Les auditions menées, les communications officielles et la prise en compte des documents externes relativisent l’idée que seules les procédures internes suffisent à traiter des soupçons de détournement sur des contrats de grande ampleur.
Sur le plan institutionnel, la convergence entre action parlementaire, réaction judiciaire et couverture médiatique a créé un cadre où la responsabilité des acteurs peut être mieux exercée. Les enquêtes en cours par le Parquet financier depuis octobre 2025 et la plainte déposée le 24 juin montrent que les mécanismes de contrôle peuvent se compléter : le travail judiciaire approfondit ce que l’action politique dénonce publiquement, tandis que la transparence documentaire permet aux citoyens et aux institutions de vérifier les faits.
Des éléments chiffrés et procéduraux viennent étayer cette lecture : contrat de 91,8 milliards de francs CFA, allégation initiale de 37 milliards détournés, variation de près de 30 milliards sur 48 jours selon les relevés mentionnés, lettre administrative de mai 2024 demandant une suspension de paiement. Ces repères factuels servent de base à un contrôle ciblé des flux financiers et des décisions administratives.
Je note enfin que la dynamique actuelle illustre un verrouillage croissant entre responsabilité politique et procédure judiciaire, sans présager d’un verdict sur les faits. Les investigations ont été relancées et les pièces circulent plus largement, ce qui renforce la possibilité pour les institutions de rendre des comptes et pour les citoyens de suivre le traitement du dossier.
En synthèse, les faits consignés montrent que la dénonciation publique, quelles que soient ses suites judiciaires, a déclenché des actions concrètes renforçant la visibilité du dossier et favorisant des procédures de contrôle. Le croisement des interventions parlementaires, judiciaires et administratives offre aujourd’hui des conditions plus propices à l’examen rigoureux des finances publiques et à la consolidation de la confiance citoyenne dans la capacité des institutions à répondre aux suspicions de mauvaise gestion.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Mansour Dème.
Mis en ligne : 01/07/2026
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