Le 25 juin 2026, des forces de l’ordre massives ont été déployées dans le centre de Nairobi, au Kenya, pour le deuxième anniversaire de Maanda Mano, mouvement de jeunesse né contre la loi de finances de 2024.
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Suite de l’article : La police a bloqué toutes les routes menant au Central Business District, installé des barrières autour du Parlement et transformé le quartier en ville morte pour empêcher les rassemblements.
Cette présence policière s’inscrit dans une séquence de confrontations entre manifestants et forces de sécurité depuis juin 2024, date à laquelle des dizaines de milliers de personnes avaient protesté contre une hausse des taxes et la corruption, et où la répression avait fait environ trente morts le 25 juin 2024.
Dans la matinée du 25 juin 2026, des manifestants isolés ont tenté de se rassembler près du Parlement. Un architecte de 30 ans, Kimani Methamo, a déposé des fleurs seul, entouré d’une vingtaine d’officiers en tenue anti-émeute; un petit cortège d’une cinquantaine de personnes s’est approché en début de journée et la police a utilisé un canon à son pour le disperser. Des membres de la société civile ont dénoncé l’usage disproportionné de la force: Mwanase Ahmed, de Jumuhia Ni Yetu, a déclaré « notre gouvernement a pris l’habitude de tuer ses propres citoyens », appelant à la responsabilité des autorités. Un manifestant, Dan, est venu honorer la mémoire de son frère tué lors des événements précédents.
Les chiffres publics dressent un tableau alarmant. L’Inspection générale de la police a indiqué que 120 personnes sont mortes lors de manifestations en 2024 et 2025. À l’échelle ponctuelle, la journée du 25 juin 2024 a fait une trentaine de morts quand la police a ouvert le feu suite à la prise du Parlement, et quatre personnes ont été tuées le mois dernier lors de manifestations contre la hausse des prix des carburants. Ces données traduisent une répétition des épisodes meurtriers sur une période continue.
L’enchaînement des interventions policières et l’absence apparente de sanctions visibles contre les agents impliqués nourrissent des accusations d’impunité. Les organisations de la société civile réclament des enquêtes et des poursuites; elles pointent l’absence de mise en cause publique et de poursuites judiciaires de grande ampleur après les épisodes les plus meurtriers. Les barrages routiers, les barbelés et l’emploi de dispositifs de dispersion sonores montrent que l’État privilégie la prévention par la contrainte plutôt que des réponses judiciaires ou des mécanismes de dialogue publiquement annoncés.
La répétition des morts lors de rassemblements et la permanence d’une forte présence policière dans le CBD illustrent une stratégie d’ordre centrée sur la neutralisation des manifestations. Comparée à la période de juin 2024, la réaction policière en 2026 reste marquée par la même priorité donnée au contrôle immédiat des foules. Comparée aux demandes constantes de reddition de comptes formulées par les familles des victimes et les ONG, la pratique administrative et judiciaire n’a pas produit de signal clair de sanction collective ou individuelle rendu public à ce jour.
Des éléments concrets renforcent cette tendance: les témoignages de manifestants et de responsables de la société civile, les counts officiels de l’Inspection générale et les dates des incidents graves forment une série cohérente de faits. Ces faits montrent que le recours à la force a été central dans la gestion des mouvements populaires récents et que les réponses institutionnelles attendues par une partie de l’opinion — enquêtes publiques, procès, sanctions disciplinaires — restent limitées ou non révélées.
Les proches des victimes continuent de demander justice et la population observe la récurrence des tensions dans la capitale. Les chiffres disponibles et les actions de terrain posent une question simple et factuelle: la priorité donnée à la répression sans sanctions publiques visibles soulève des doutes quant à la capacité des autorités à garantir la protection des citoyens tout en assurant la responsabilité des forces de l’ordre.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Christian D.
Mis en ligne : 03/07/2026
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