Mali : L’impunité tue plus que les balles - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Emmanuel | Publié le 06/07/2026 05:07:00

Mali : L’impunité tue plus que les balles

Le dernier rapport de Human Rights Watch, publié ce 29 juin, dresse un constat accablant : au Mali, les belligérants, qu’ils soient jihadistes du JNIM, soldats maliens ou mercenaires russes de l’Africa Corps, commettent des exactions systématiques contre les civils, sans craindre la moindre sanction.

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Suite de l’article : Je ne peux que m’indigner face à cette normalisation de la barbarie, où l’impunité alimente un cycle de violence sans fin. Ce n’est pas seulement une crise humanitaire, c’est une faillite morale collective.

Depuis les attaques du 25 avril 2026, qui ont coûté la vie au ministre malien de la Défense et permis au JNIM et au Front de libération de l’Azawad (FLA) de s’emparer de Kidal, la réponse des autorités a été d’une brutalité disproportionnée. L’armée malienne, soutenue par l’Africa Corps (héritier du groupe Wagner), a lancé des opérations « antiterroristes » ciblant des villages entiers, comme ceux des communautés peules. Résultat ? 38 civils tués en quatre jours (dont 23 enfants) entre le 14 et le 17 mai, selon HRW. Pendant ce temps, le JNIM imposait des blocus asphyxiants : plus de 40 véhicules civils incendiés, des camions-citernes attaqués, provoquant des pénuries de carburant et d’électricité à Bamako. Les écoles ferment, les hôpitaux manquent de tout. La vie s’arrête.

Ce qui me révolte, c’est la symétrie macabre des méthodes. Le JNIM justifie ses crimes en accusant les civils de « collaboration » avec l’ennemi. De leur côté, l’armée malienne et ses alliés russes bombardent des mariages (10 morts à Téné le 17 mai) ou frappent des enfants (12 tués à Guimbé le 25 avril) au prétexte de la lutte antiterroriste. Où est la différence entre un jihadiste et un soldat quand tous deux ciblent des innocents ?

HRW rappelle une évidence : le droit humanitaire interdit les attaques délibérées ou aveugles contre les civils. Pourtant, le ministère malien de la Justice n’a même pas daigné répondre à l’ONG. Le JNIM, lui, a osé se justifier. L’impunité est devenue une règle.

Premièrement, l’impunité est un carburant pour la guerre. Comme le souligne Ilaria Allegrozzi, chercheuse à HRW, « tant que les responsables ne seront pas traduits en justice, le cycle des abus continuera ». Or, le Mali s’est retiré de la Cour pénale internationale en septembre 2025, et les procédures nationales sont au point mort, selon les ONG. Sans justice, pas de paix. Deuxièmement, ce conflit déborde les frontières. Comme au Burkina Faso ou au Niger, où les mêmes mercenaires russes opèrent, l’instabilité malienne contamine toute la région. En Côte d’Ivoire, on craint déjà une « contagion djihadiste ». L’Afrique de l’Ouest devient un champ de bataille sans loi. Enfin, les civils sont pris en étau. Entre les blocus du JNIM (qui étouffent Bamako) et les raids de l’armée (qui détruisent des villages peuls), personne n’est en sécurité. Les enfants meurent sous les drones, les familles crèvent de faim, et le monde regarde ailleurs.

Cette situation n’est pas sans rappeler la Syrie des années 2010, où le régime de Bachar al-Assad et les groupes armés ciblaient les civils en toute impunité, avec le soutien de puissances étrangères. Ou encore l’est de la RDC, où les milices et l’armée se livrent à des massacres depuis des décennies, sans que les coupables ne répondent de leurs actes. Le Mali suit le même chemin : une guerre sans fin, où les crimes restent impunis.

Je refuse de me résigner. L’ONU et l’Union africaine doivent agir : soutenir des enquêtes indépendantes, créer une mission d’établissement des faits, et poursuivre les responsables, qu’ils soient maliens, russes ou jihadistes. Sinon, le Mali deviendra un laboratoire de l’horreur, où l’on tue sans risque, où l’on souffre sans espoir. L’impunité n’est pas une fatalité. C’est un choix. Et aujourd’hui, ce choix tue le Mali à petit feu.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 06/07/202
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