Je ne peux m’empêcher de trouver troublante la concomitance entre le retrait annoncé de Fouzi Lekjaa de la présidence de la FRMF et l’entrée du dossier de la CAN 2025 dans sa phase décisive devant le TAS.
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Suite de l’article : Cette coïncidence, aussi discrète soit-elle, alimente des doutes légitimes sur la transparence et la responsabilité des dirigeants du football marocain.
Depuis plus d’une décennie, Fouzi Lekjaa incarne la stabilité à la tête de la Fédération royale marocaine de football (FRMF). Pourtant, alors que son troisième mandat a techniquement pris fin en juin 2026, il choisirait de quitter ses fonctions pour se consacrer à sa carrière politique, rejoignant les rangs du Parti authenticité et modernité (PAM) en vue des législatives de septembre. Dans le même temps, le Tribunal arbitral du sport (TAS) annonce que le dossier CAS 2026/A/12295 le recours du Sénégal contre la décision de la CAF attribuant la victoire de la CAN 2025 au Maroc sur tapis vert (3-0) entre dans sa phase décisive. Les auditions et l’examen des mémoires de défense vont débuter, et la FRMF, partie prenante, devra y répondre.
Officiellement, aucune cause à effet n’est établie entre ces deux événements. Pourtant, comment ne pas s’interroger ? Le calendrier est trop parfait : Lekjaa s’éclipse au moment précis où la FRMF doit affronter une procédure juridique internationale aussi explosive que celle de la finale de la CAN 2025. Les spéculations sont d’autant plus justifiées que son départ coïncide avec la fin de son mandat et le report de l’assemblée élective de la FRMF à septembre un mois qui correspond, par un « hasard » supplémentaire, à celui des élections législatives.
Je ne peux m’empêcher de voir là une stratégie de fuite en avant. Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget, a longtemps nié toute appartenance politique, avant que les médias ne confirment son ralliement au PAM. Cette volte-face, couplée au timing du TAS, donne l’impression d’un désengagement calculé : quitter le navire avant que la tempête ne frappe.
Premièrement, l’opacité entoure ce départ. Les démentis initiaux de Lekjaa « Je n’appartiens à aucun parti politique » sonnent aujourd’hui comme une prudence tactique. Deuxièmement, l’absence de transition claire à la FRMF est préoccupante. Qui prendra les rênes pour défendre le Maroc devant le TAS ? Enfin, les précédents ne jouent pas en sa faveur : en 2018, il avait porté plainte contre l’ancien international Youssef Rossi pour diffamation après des allégations de détournement de fonds. Une affaire qui, sans preuve formelle, avait déjà entaché son image.
Comparons cette situation à d’autres cas de dirigeants sportifs quittant leurs fonctions en période de crise. En 2015, Sepp Blatter avait démissionné de la présidence de la FIFA alors que des enquêtes pour corruption visaient son organisation. Plus près de nous, en 2023, le président de la Fédération algérienne de football, Djahid Zefizef, avait été limogé après des accusations de gestion opaque. Ces exemples montrent que les départs précipités en période de turbulence alimentent rarement la confiance.
Je le dis sans détour : cette coïncidence a tout d’une manœuvre. Entre un départ politique opportun et un dossier juridique explosif, l’image du football marocain en sort écornée. La FRMF mérite mieux qu’un dirigeant qui semble préférer la campagne électorale aux responsabilités sportives. Le TAS tranchera, mais une question persiste : qui, au Maroc, assumerait les conséquences d’une éventuelle condamnation ? À mes yeux, cette affaire révèle un manque de courage et une gestion douteuse des priorités. Le football, lui, ne devrait pas en payer le prix.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 03/08/2026
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