Un trophée pour l’eau, mais quelle priorité pour les Sénégalais ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Eva | Publié le 28/09/2026 12:09:30

Un trophée pour l’eau, mais quelle priorité pour les Sénégalais ?

Les 24 et 25 septembre 2026, Abidjan accueillait la première édition du Forum régional de l’eau de l’Afrique de l’Ouest (FREAO). À cette occasion, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a reçu le trophée spécial du Prix de l’Eau de l’Afrique de l’Ouest.

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Suite de l’article : Selon le ministère sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement, cette distinction récompense sa vision en faveur d’une gouvernance durable des ressources en eau, ainsi que les actions destinées à faire de l’eau un levier de développement, de coopération et de résilience.

La Côte d’Ivoire a également distingué son président, Alassane Ouattara. La reconnaissance a donc une dimension régionale et diplomatique qu’il serait injuste de nier. Mais permettez-moi de poser une question simple, avec tout le respect dû à nos institutions : à quoi sert un trophée si les citoyens attendent encore des résultats concrets dans leur quotidien ?

Je ne conteste pas l’importance de l’eau. Au contraire. Je considère justement que ce sujet est trop sérieux pour être réduit à une cérémonie et à un trophée.

Le Sénégal a incontestablement réalisé des progrès dans l’accès à l’eau potable. Le taux d’accès en milieu urbain est aujourd’hui très élevé. Mais derrière les statistiques nationales, il existe encore des disparités territoriales et des difficultés vécues par certaines populations. C’est cette réalité qu’il faut également regarder en face.

Car une politique publique ne se juge pas uniquement à ses distinctions internationales. Elle se juge aussi au robinet du citoyen, à la régularité du service, à la qualité de l’eau, au coût supporté par les ménages et à la capacité des zones rurales à bénéficier des mêmes progrès.

C’est là que le débat devient intéressant. Le communiqué officiel parle de « vision », de coopération et de résilience. Très bien. Mais les Sénégalais, eux, attendent surtout de voir comment cette vision se traduit dans leur quotidien.

Une vision ne remplit pas un verre. Un trophée ne fait pas couler l’eau d’un robinet.

Et cette remarque ne concerne pas seulement le Sénégal. Dans plusieurs pays africains, les gouvernements mettent en avant leurs programmes et leurs investissements dans l’eau, alors que les populations continuent de faire face à des problèmes d’accès, de continuité du service ou d’assainissement. Le défi est donc moins de multiplier les annonces que de transformer les engagements en résultats mesurables.

Le Rwanda, par exemple, a développé des mécanismes de suivi local et des investissements dans les services d’eau et d’assainissement. La Namibie, confrontée à de fortes contraintes hydriques, a également mis l’accent sur la gestion de la demande et la réutilisation de l’eau. Ces expériences ne sont évidemment pas directement transposables au Sénégal, mais elles montrent une chose : la politique de l’eau se mesure d’abord à son efficacité sur le terrain.

Voilà pourquoi il faut éviter l’autosatisfaction. Une distinction internationale peut être une reconnaissance utile. Elle peut même encourager la coopération entre États. Mais elle ne doit jamais devenir une raison de détourner le regard des problèmes qui restent à résoudre.

Je ne suis donc pas opposé à ce trophée. Je suis opposé à l’idée qu’il puisse suffire.

Le véritable trophée, au fond, ne devrait pas être celui que l’on pose dans un bureau. Il devrait être celui que les citoyens constatent chaque jour : une eau accessible, un service fiable, des tarifs compréhensibles, un assainissement efficace et des investissements qui profitent réellement aux populations.

Parce qu’au bout du compte, une distinction internationale se célèbre quelques minutes. Une amélioration durable des conditions de vie, elle, se ressent tous les jours.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 28/09/2026

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