Pastef et la désinformation : Qui manipule réellement l’opinion publique ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Maimouna | Publié le 29/10/2026 12:10:30

Pastef et la désinformation : Qui manipule réellement l’opinion publique ?

Il faut parfois écouter ceux que l’on combat politiquement. Non pas pour leur donner systématiquement raison, mais parce que certaines vérités peuvent sortir de la bouche de ceux que l’on considère comme des adversaires.

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Suite de l’article : La sortie d’Abdoulaye Seydou Sow, maire de Kaffrine et responsable politique de Kiiray, mérite justement que l’on s’y arrête. Lorsqu’il affirme qu’il existerait un « bureau chargé de la désinformation » au sein de Pastef, une question s’impose : et si, derrière cette accusation politique, se cachait un véritable problème démocratique ?

Attention, accuser ne signifie pas prouver. Abdoulaye Seydou Sow doit apporter les éléments qui étayent ses déclarations. Mais son intervention soulève une question essentielle : qui contrôle aujourd’hui la vérité dans le débat public sénégalais ?

Depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye et d’Ousmane Sonko, la communication politique occupe une place considérable. Les réseaux sociaux sont devenus des champs de bataille où les militants s’affrontent, où les informations circulent à une vitesse vertigineuse et où les accusations remplacent parfois les arguments. Dans ce climat, la moindre déclaration sur le budget, les infrastructures ou la gestion publique peut devenir une arme politique.

Le plus inquiétant, c’est que la désinformation ne se limite pas à inventer des faits. Elle consiste aussi à tronquer une information, à sortir une déclaration de son contexte ou à présenter une interprétation partisane comme une vérité incontestable. Et lorsque ces pratiques sont utilisées par des responsables politiques, elles fragilisent la confiance des citoyens dans les institutions.

Mais Abdoulaye Seydou Sow ne s’arrête pas là. Il dénonce également l’utilisation des attributs institutionnels de la présidence de l’Assemblée nationale dans des activités partisanes. Sa critique visant Ousmane Sonko mérite un débat sérieux. Un responsable politique peut défendre son parti, mais lorsqu’il exerce une fonction institutionnelle, il doit également respecter les exigences de neutralité et de responsabilité qui l’accompagnent.

La République n’est pas une propriété privée. Les institutions ne sont pas des instruments de communication au service d’une formation politique. Elles appartiennent à tous les Sénégalais, y compris à ceux qui ne votent pas pour Pastef.

Regardons ce qui se passe ailleurs. Aux États-Unis, les campagnes politiques ont souvent été marquées par la diffusion de fausses informations, notamment sur les réseaux sociaux. Les controverses autour de l’élection présidentielle de 2020 ont montré combien les accusations non étayées peuvent fragiliser la confiance dans les institutions démocratiques. Le Sénégal n’est évidemment pas les États-Unis, mais la leçon est universelle : lorsque la vérité devient une affaire de camp politique, c’est la démocratie qui paie la facture.

Et que dire de la riposte annoncée par Kiiray ? Abdoulaye Seydou Sow promet un bureau chargé de rétablir quotidiennement la vérité. L’initiative pourrait être utile, à condition qu’elle ne devienne pas une nouvelle machine à produire des contre-attaques partisanes. La vérité ne se décrète pas. Elle se démontre.

Au fond, le Sénégal n’a pas besoin d’une guerre des bureaux de communication. Il a besoin de responsables capables de présenter des preuves, de reconnaître leurs erreurs et de respecter les institutions.

Si Pastef dénonce la désinformation, qu’il accepte également d’être soumis à la vérification des faits. Si Abdoulaye Seydou Sow accuse, qu’il apporte ses preuves.

Car une République ne se défend pas avec des slogans, mais avec des faits. Et si Abdoulaye Seydou Sow avait raison sur le danger de la désinformation, le véritable scandale serait que personne ne cherche à établir la vérité.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 29/10/2026

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