Babacar Ba, président du Forum du justiciable, a dénoncé récemment dans une déclaration transmise à Senego toute tentative d’associer le Premier ministre Ousmane Sonko à l’affaire impliquant Ndiaga Seck.
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Suite de l’article : Ndiaga Seck a été arrêté pour des faits présumés d’acte contre nature au Sénégal. La déclaration précise que, en sa qualité de chef du gouvernement, Ousmane Sonko « incarne l’institution gouvernementale ».
Babacar Ba ajoute que l’arrestation ne doit pas servir de prétexte pour établir un lien avec le Premier ministre et que de telles pratiques, selon lui, « ne peuvent être tolérées ». Ce rappel public traduit une crispation sur la frontière entre faits criminels et usages politiques des révélations privées, et pose la question des dommages collatéraux pour les personnes mises en cause.
Les débats autour de cette affaire se sont installés dans les médias et sur les réseaux sociaux, alimentant des rumeurs sans preuve judiciaire formelle liant M. Sonko à M. Seck. Cette ambiance constitue le cadre factuel dans lequel s’inscrit la mise en lumière suivante.
La politisation des affaires de mœurs repose sur des mécanismes identifiables: diffusion ciblée d’informations sensibles, rapprochements supposés entre acteurs publics et privés, et amplification médiatique de détails intimes. Ces procédés n’épargnent ni la présomption d’innocence ni la dignité des victimes alléguées. Les dossiers de mœurs, du fait de leur caractère intime, deviennent des leviers puissants pour décrédibiliser un adversaire ou détourner l’attention du public d’enjeux politiques plus structurants.
Sur le plan des droits individuels, l’usage politique de telles affaires a des conséquences mesurables: stigmatisation sociale des personnes impliquées, mise en danger de leur sécurité personnelle, et entrave à l’accès à une procédure judiciaire impartiale. Les victimes ou les présumés victimes peuvent être instrumentalisés, réduits à des symboles de déshonneur, puis abandonnés par le débat public une fois l’effet politique obtenu. Comparé à la diffusion d’accusations financières, l’exploitation d’affaires de mœurs provoque des blessures morales plus durables et plus difficiles à réparer. Comparer cette pratique à des campagnes de dénigrement montre que la stratégie est la même: frapper l’image pour affaiblir le pouvoir ou gagner des dividendes politiques.
Des observateurs judiciaires notent que la révélation prématurée d’éléments d’enquête compromet souvent la collecte de preuves et la conduite d’une procédure rigoureuse. Les autorités judiciaires et médiatiques qui laissent circuler des informations non vérifiées participent à une dynamique où le scandale prime sur la vérité. Dans plusieurs contextes régionaux, la multiplication des fuites et des présomptions relayées par des tiers a conduit à des procès médiatiques puis à des acquittements tardifs, laissant toutefois des séquelles sociales importantes pour les personnes mises en cause.
En outre, les acteurs politiques qui instrumentalisent ces dossiers profitent d’un imaginaire collectif sensible aux transgressions morales, transformant des affaires privées en arguments publics. Cette tactique fragilise l’État de droit en substituant la mise en cause publique aux voies judiciaires appropriées et en exposant des victimes potentielles à la stigmatisation au lieu de leur offrir protection et assistance.
La situation décrite par Babacar Ba illustre un risque concret: quand une arrestation pour faits de mœurs devient un outil de guerre politique, les droits individuels se déplacent du centre vers la périphérie du débat. Le recours à la diffamation, aux fuites et à la mise en spectacle prive les concernés d’un traitement digne et impartial et nourrit une culture où la vie privée sert de monnaie d’échange politique. Le coût humain est tangible, et la confiance dans les institutions en ressort affaiblie, laissant une trace durable dans la société.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Mariama F.
Mis en ligne : 22/05/2026
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