Ni oui ni non : Pourquoi le président plonge la nation dans l’attente - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Eva | Publié le 17/04/2026 12:04:00

Ni oui ni non : Pourquoi le président plonge la nation dans l’attente

Au Palais de la République, le président Diomaye Faye a reçu une centaine de parlementaires et maires du parti Pastef, dont la députée Marième Diakhaté Mbacké. Lors de cette rencontre, elle rapporte que deux questions ont été posées: la candidature éventuelle du chef de l’État à la présidentielle de 2029 et la possible candidature d’Ousmane Sonko. Selon la députée, le président n’a pas apporté de réponse claire à ces interrogations.

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Suite de l’article : J’ai suivi cette scène avec une pointe d’inquiétude. Le silence stratégique n’est pas neutre quand il concerne l’avenir politique d’un pays. En rappelant la manière dont un prédécesseur a pratiqué un ambigu «ni oui ni non», je veux souligner le risque d’une répétition d’opacité et d’absence de responsabilité politique qui fragilise la confiance publique.

La scène intervient dans un climat politique marqué par des tensions entre formations et par une attente forte de clarification sur la succession présidentielle. Les citoyens réclament des engagements lisibles et des calendriers politiques clairs.

Je refuse que l’indécision devienne mode de gouvernance. Quand un chef d’État élude la question de sa propre candidature, il renvoie un signal politique pernicieux: celui d’un pouvoir peu désireux de se confronter à la délibération publique. L’indécision prolongée laisse le champ libre aux rumeurs, à la spéculation et aux manœuvres clientélistes. Elle endommage les institutions parce qu’elle affaiblit les règles du jeu républicain: transparence, responsabilité, responsabilité devant les électeurs.

La tactique du «ni oui ni non» n’est pas un simple artifice communicationnel; elle porte des conséquences concrètes. D’abord, elle détourne l’attention des politiques publiques urgentes. Les projets de développement économique, la gestion des services publics, la sécurité quotidienne: tous pâtissent quand la scène politique est occupée par des tractations autour d’une candidature incertaine. Ensuite, l’opacité nourrit un vide que les acteurs sans scrupules exploitent. Celui qui ne dit pas s’il part ou s’il reste laisse naître des alliances opportunistes et des transactions hors contrôle citoyen.

J’observe une similitude préoccupante entre cette attitude et la pratique politique qui a déjà mené à une crise de confiance. La comparaison s’impose parce qu’elle éclaire un modèle: le recours à l’ambiguïté pour conserver des marges de manœuvre. À l’inverse, une gouvernance responsable impose des règles publiques de clarification, pas des messages codés aux initiés. Une autre comparaison est tentante: un capitaine qui n’annonce pas sa route plonge l’équipage dans l’incertitude; pareillement, un président qui esquive son avenir politique prive le peuple d’une navigation transparente.

Je soutiens que la réponse à la question de la candidature n’est pas un caprice personnel mais une obligation politique. Le chef de l’État doit assumer ses décisions publiquement afin que les électeurs puissent juger sa trajectoire et choisir en connaissance de cause. L’absence de réponse, par contraste, instaure une forme de gouvernance flottante, propice aux dérapages institutionnels. Les partis alliés et les institutions se retrouvent en position d’attente, incapables de se projeter sur des programmes sérieux ou sur des primaires ouvertes.

Des données soutiennent cet avertissement: les périodes d’incertitude politique corrèlent souvent avec des ralentissements économiques et avec une hausse de la spéculation politique, selon diverses études sur la gouvernance en Afrique. Le moindre réflexe prudent serait d’exiger un calendrier clair ou au moins un processus démocratique transparent qui fixe les règles du jeu pour 2029. Sans cela, le risque est réel de voir se reproduire des dynamiques d’opacité qui ont déjà coûté cher au pays en termes de cohésion sociale.

Les électeurs attendent des réponses précises sur l’organisation des primaires, sur la succession institutionnelle et sur la transparence des candidatures. Les observateurs internationaux et les acteurs de la société civile ont souligné à plusieurs reprises que la prévisibilité politique favorise l’investissement et la paix sociale. Ignorer ces recommandations, ou s’en tenir à des répliques floues, revient à sacrifier l’intérêt général sur l’autel d’une stratégie personnelle ou partisane.

Je reste convaincu que l’esquive n’est pas une posture neutre: elle blesse la démocratie. Le pays mérite que ses dirigeants prennent des positions claires et qu’ils rendent des comptes avant d’imposer une nouvelle temporalité politique. Si la tactique du «ni oui ni non» devait se généraliser, ce serait la preuve que la politique s’est recroquevillée sur elle-même et que la responsabilité civique a reculé. Je demande aux acteurs politiques de cesser ces jeux d’ombres et d’offrir enfin aux citoyens des choix lisibles et assumés.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 17/04/202
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