Au lendemain de l’annonce officielle de la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’ONU, portée par l’Union africaine, les réactions n’ont pas tardé. Le député Guy Marius Sagna a résumé l’incongruité de cette proposition avec force : « Son seul « mérite » est sa docilité devant l’impérialisme.
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Suite de l’article : Il a poussé la docilité jusqu’à assassiner près de 100 Sénégalais, emprisonner plus de 2 000 prisonniers politiques. S’ils le veulent à la tête de l’ONU, c’est encore pour sa docilité et non pour les droits des nations. » Je partage pleinement cette analyse, considérant que cette candidature, loin d’honorer l’institution onusienne, risque au contraire de la discréditer.
Macky Sall a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024, une période marquée par une répression brutale des oppositions et des manifestations. De nombreux rapports d’organisations internationales et locales documentent des arrestations arbitraires, des détentions prolongées, des tortures et la mort de dizaines de citoyens lors de manifestations pacifiques. Amnesty International et Horizon Sans Frontières, entre autres, ont dénoncé la violence d’État qui visait manifestants, opposants et journalistes. Pourtant, c’est cet homme que l’Union africaine propose aujourd’hui pour incarner la défense des droits humains et la souveraineté des peuples à l’ONU.
Cette candidature soulève une question essentielle : comment un dirigeant dont le bilan en matière de droits humains est si controversé pourrait-il diriger une organisation dont la mission est précisément de protéger ces droits ? Les textes fondateurs de l’ONU mettent l’accent sur la paix, la justice et la dignité humaine. Or, le mandat de Macky Sall a été entaché par des violations massives des libertés fondamentales, incluant notamment la tentative de report de l’élection présidentielle de 2024, qui a plongé le pays dans une crise institutionnelle sans précédent.
Les actes de répression et les violations des droits humains sous son mandat sont bien documentés : des dizaines de morts, des milliers de prisonniers politiques, des arrestations arbitraires et des tortures ne peuvent être effacés par une carrière diplomatique. L’ONU ne peut légitimement nommer à sa tête un dirigeant dont le pays d’origine reste divisé sur son bilan et dont l’héritage est profondément contesté.
Guy Marius Sagna a raison de souligner que la docilité de Macky Sall face aux puissances étrangères a été perçue par certains comme un mérite. Mais cette docilité a souvent signifié soumission aux intérêts géopolitiques au détriment du peuple sénégalais. L’ONU a besoin d’un Secrétaire général capable de défendre les principes de justice et d’équité, pas d’un dirigeant dont le parcours a été marqué par des compromis douteux et une répression systématique de l’opposition.
Nommer Macky Sall serait un signal désastreux : il suggérerait que la répression interne et le mépris des droits humains ne sont pas des obstacles à une ascension diplomatique. Cela minerait la crédibilité de l’ONU et encouragerait d’autres dirigeants autoritaires à croire qu’ils peuvent bafouer les droits de leurs citoyens tout en visant des postes internationaux prestigieux. L’histoire montre que des choix controversés, comme celui de Kurt Waldheim, dont le passé nazi n’a été révélé qu’après son élection, ont eu des conséquences durables. Aujourd’hui, les États membres ont la responsabilité de ne pas répéter ces erreurs. Contrairement à des candidats dont le bilan en matière de droits humains est reconnu, comme Michelle Bachelet, Macky Sall incarne au contraire un recul démocratique et une gestion autoritaire du pouvoir.
Je m’oppose donc avec fermeté à cette candidature. L’ONU mérite un dirigeant dont l’intégrité et le respect des droits humains ne font aucun doute. Macky Sall, en raison de son bilan et de ses méthodes, n’est pas cet homme. Sa nomination ternirait l’image de l’organisation et affaiblirait sa légitimité morale. Il appartient à la communauté internationale de rejeter cette proposition et de choisir un Secrétaire général qui incarne véritablement les valeurs de paix, de justice et de respect des droits humains.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 20/04/2026
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